Archive by Author | Guillaume Déziel

Sauter la clôture

Lorsque les gens d’Infopresse m’ont invité à bloguer, c’était d’abord pour avoir mon point de vue sur l’industrie du disque, de la musique en général. Depuis, entre le moment où j’ai accepté l’invitation d’Infopresse et mon tout premier article, il s’est passé une petite révolution dans ma vie : j’ai choisi de quitter l’industrie du disque.

Je travaille maintenant pour l’Oreille, un studio de création musicale à vocation publicitaire, parmi les Apollo, La Majeure et Boulevard de ce monde. Dans mes nouvelles fonctions, je veille au développement et au rayonnement de cette entreprise qui a maintenant près de 25 ans de vie. J’aurai entre autres mandats d’élargir les services de la maison, tout en les adaptant à la nouvelle réalité de notre industrie.

Si mon ancien milieu me connaissait comme le «gars de marketing» en musique, je porte désormais le chapeau du «gars de musique» dans l’industrie du marketing.

La musique de pub : une passion de longue date

En tant qu’ancien gérant de Misteur Valaire, j’ai eu la chance de débuter un travail passionnant : celui de placer de la musique dans des pubs. Avant même de commencer à accompagner le groupe en 2005, je regardais déjà les pubs à la télé en me disant trop souvent que certaines «musique en canne» mériteraient royalement de se taire, au profit de l’excellente musique d’ici, celle de nos talentueux artistes bien de chez nous.

Puis Misteur Valaire a fait un virage sonore qui leur a ouvert les portes de la «musique à l’image». La sortie de leur album Golden Bombay en 2010 comportait des chansons très synch friendly. C’est grâce à leur son accrocheur que j’ai pu dénicher des centaines d’utilisations de leur musique dans des pubs, des documentaires, des séries, des thématiques d’émissions radios et télés, des films, des vidéos web corpos, alouette… Et disons-le franchement : lorsqu’on a entre les mains un band  de telle sorte, qui compose de la musique tellement catchy, ça devient réellement un jeu d’enfant de prendre sa place dans le monde de la musique à l’image. Et je leur en serai d’ailleurs éternellement reconnaissant pour ça.

Grâce à cette carte de visite, j’ai ainsi eu l’occasion dans les cinq dernières années d’apprendre à mieux connaître le monde du «marcom».

Le blogue d’Infopresse accueille donc gentiment mes mots aujourd’hui. Je vous y ferai part de mes observations sur les meilleurs (et pires…!) «stratégies musique» dans notre merveilleux monde de la pub.

Je vous invite à lire mon tout premier article sur Infopresse : Placement synchro 101.

 

Libérer des idées : Jour 45

Le 16 septembre dernier, je vous ai fait part en détails dans cet article des résultats du «Jour 1» de la mise en marché du livre «Abolir les partis politiques» de l’auteur et sociologue Jacques Lazure. Voici la suite des détails, 45 jours après la réédition numérique du livre en «paiement volontaire».

  • Au total, l’essai de Jacques Lazure a réussi à toucher 1 136 lecteurs.
  • Certains d’entre eux on «feuilleté» l’essai en ligne; de ceux qui l’ont téléchargé, 83,1% l’on demandé en format PDF contre 16,9% en format ePub.
  • Chose certaine, 23,7% des «téléchargeurs» ont choisi de payer pour se procurer l’oeuvre; la balance l’a prise gratuitement.
  • Ceux qui ont choisi d’acheter le livre au prix désiré ont déboursé en moyenne 6,79$.

D’autres ont demandé comment ils peuvent trouver la version physique du livre. Mais dans tous les cas, l’oeuvre a voyagé depuis un mois et demie. Le livre a aussi trouvé lecteurs et lectrices en Europe !

Voici la carte de propagation du livre à ce jour :

Points de téléchargement du livre «Abolir les partis politiques» / Jour 45

Notez que la version numérique du livre de Jacques Lazure est disponible depuis le 16 septembre 2014 en paiement volontaire à cette adresse :

https://ghoster.me/jacques-lazure/abolir-les-partis-politiques/#/pay

logo-ghosterLa plateforme utilisée pour faire rayonner l’oeuvre est Ghoster. Celle-ci a récemment été mise sur pied par l’équipe de mise en marché de Misteur Valaire. Celle-ci offre du contenu numérique dans le format désiré et au prix déterminé par l’utilisateur (Pay What You Want ou Pay What You Can). La façon de fonctionner de Ghoster permet aux créateurs de contenus numériques d’obtenir argent, courriel de leur fans ainsi que la géolocalisation de ces derniers. Cette manière de distribuer du contenu numérique se veut la plus efficace pour «fédérer» des gens autour d’un créateur et son contenu, tout comme pour permettre au créateur de communiquer intelligemment avec ses adeptes, dans leur langue préférée, en fonction de leur emplacement géographique.

Ça y est, je quitte l’industrie du disque

Ça y est. C’est officiel : après dix années d’accompagnement du groupe électro Misteur Valaire, je quitte l’industrie du disque pour d’autres horizons.

Une histoire de famille

En 2005, lorsque mon petit frère m’a fait écouté son démo de musique électro-jazz qu’il avait enregistré avec ses copains Thomas, Julien, Jonathan et Louis-Pierre, j’ai eu envie de les accompagner au travers de cette industrie… complexe. En cours de route, Cindy et Loïc se sont joints à l’histoire et ont permis, avec l’aide d’employés et stagiaires, de construire graduellement dès 2007 l’ébauche de ce qu’est devenue la maison de musique Mr. Label et le succès du groupe. Entre 2005 et 2010 donc, j’étais présent bénévolement comme « mentor » pour aider le groupe à se structurer en tant qu’auto-producteur. Ce n’est qu’en janvier 2010 que j’ai officiellement tout largué de stable dans ma vie pour me consacrer à temps plein à Misteur Valaire. Puis, en 2011, nous avons fondé à huit Mr. Label et sommes devenus actionnaires à parts égales de cette entreprise détenant la propriété complète des bandes maîtresses et du droit d’auteur de la musique de Misteur Valaire. Jusqu’à tout récemment, nous comptions 11 personnes sur le « payroll », sans compter tous les contractuels externes.

Quand le plafond s’annonce…

Il y a 51 semaines déjà, alors que nous venions tout juste de lancer le 4e opus du groupe intitulé « Bellevue », une grande révolution est arrivée dans ma vie : la naissance de mon premier enfant. Devant cette nouvelle réalité qui m’appelait à demeurer le plus proche possible du bercail, alors que le groupe était en pleine essor à l’international, j’ai dû me rendre à l’évidence que ma nouvelle vie serait plus sédentaire, moins compatible avec les rêves et les attentes nomades des 5 gars de MV. Aussi, je sentais que je plafonnais avec la carrière de MV; que le « grand frère » les avait emmenés là où il le pouvait.

C’est alors que j’ai proposé aux garçons de confier leur gérance à une équipe qui pourrait les mener encore plus loin, voire au bout du monde. Iguana Management est donc entré en jeu le 17 janvier dernier. Cette nouvelle équipe de gérance, avec Franz Schuller en tête, avait toutes les ressources nécessaires pour porter le flambeau de MV avec brio. En parallèle, devant le fait que la musique de MV était plus que jamais populaire auprès des agences de pub, les gars de MV et moi avions convenu que je demeurerais en poste pour représenter leur musique dans le monde de la pub, des médias et du film (travail d’éditeur). Nous avions même envisagé de fonder ensemble une boîte de création de musique de commande pour le milieu de la pub et des médias.

Deux projets finalement incompatibles

Après quelques réflexions, l’idée de développer avec Misteur Valaire un studio de création de musique publicitaire devenait incompatible avec leur envie de parcourir la planète, en tournée, devant leurs dizaines de milliers de fans au coeur battant. En restant en ville, à Montréal, sans que les gars de MV ne soient facilement disponibles pour composer sur mesure, j’aurais été contraint de développer un studio de composition… sans compositeur. Devant cette évidence, je leur ai proposé au printemps dernier de séparer nos chemins. On s’est donné cinq mois pour me permettre de quitter doucement Mr. Label.

Et voilà que hier, notre histoire qui aura durée 10 ans, vient tout juste de se terminer.

Une fin avec MV, un début avec l’Oreille

Ça fait un bon bout de temps que l’industrie du disque ne tourne plus rond. Et comme j’avais besoin de stabilité, j’ai cherché dans les cinq derniers mois un nouveau travail, plus stable et plus proche du bercail. J’ai donc choisi de sauter la clôture et d’aller du côté de l’industrie de la pub où je pourrais mettre à profit mon réseau professionnel, mes liens privilégiés avec les artistes québécois et mes 20 années d’expériences dans le milieu de la musique, de la production et de l’édition musicale.

L’Oreille, donc, sera la nouvelle famille pour laquelle je travaillerai. Ce studio de création musicale pour le monde publicitaire m’accueille aujourd’hui. J’ai plein de beaux projets à développer avec eux. Des projets dont, je l’espère, j’aurai le loisir de partager ici avec vous sous peu.

Au revoir MV !

Et bonne route vers vos aspirations. Vous avez le talent à la hauteur de vos ambitions et l’intelligence nécessaire pour vous développer davantage. Je vous respecte. Je vous aimerai toujours, d’ailleurs.

Guillaume Déziel (alias Gig Bro)

L’histoire derrière «Abolir les partis politiques» v.2

Pour ceux qui seraient intéressés par les motivations qui m’ont poussé à aider Jacques Lazure à rééditer sont livre «Abolir les partis politiques» en version numérique, sous licence Creative Commons et en paiement volontaire, voici un article publié dans le Huffington Post Québec, ce 16 septembre dernier :

Je me souviens. C’était en 2006, durant la radiodiffusion de l’émission Indicatif présent, animée par Marie-France Bazzo, que j’ai entendu pour la première fois parler de Jacques Lazure. Il était venu parler de son livre Abolir les partis politiques. Je me rappelle précisément de ce moment marquant, puisqu’en parlant de son livre, Lazure jetait un regard éclairant sur de sombres impressions que j’avais à l’égard de la politique. Il mettait clairement des mots sur les maux politiques de notre société. »» Lire la suite 

Libérer des idées : Jour 1

Je suis ravi de vous donner les premières statistiques de déploiement du livre «Abolir les partis politiques» de l’auteur et sociologue Jacques Lazure. Cette oeuvre hors du commun, qui était jusqu’à ce jour «enfermée» dans du papier, voire discontinuée des tablettes de la plupart des libraires québécois, a réussi à toucher 470 personnes aujourd’hui seulement!

Certains d’entre eux on «feuilleté» l’essai en ligne; de ceux qui l’ont téléchargé, 90% l’on demandé en format PDF contre 10% en format ePub. Chose certaine, 20% des «téléchargeurs» ont choisi de payer pour se procurer l’oeuvre; la balance l’a prise gratuitement. D’autres ont demandé comment ils peuvent trouver la version physique du livre. Mais dans tous les cas, l’oeuvre a voyagé aujourd’hui. Et j’en suis fort heureux !

Voici la carte de propagation du livre, au terme des 9 premières heures de partage :Points de téléchargement du livre «Abolir les partis politiques» / Jour 1

La version numérique du livre de Jacques Lazure est disponible depuis le 16 septembre 2014 en paiement volontaire à cette adresse :

https://ghoster.me/jacques-lazure/abolir-les-partis-politiques/#/pay

logo-ghosterLa plateforme utilisée pour faire rayonner l’oeuvre est Ghoster, récemment mise au point par l’équipe de mise en marché de Misteur Valaire. Celle-ci offre du contenu numérique dans le format désiré et au prix déterminé par l’utilisateur (pay what you want ou pay what you can). La façon de fonctionner de Ghoster permet aux créateurs de contenus numériques d’obtenir argent, courriel de leur fans ainsi que la géolocalisation de ces derniers. Cette manière de distribuer du contenu numérique se veut la plus efficace pour «fédérer» des gens autour d’un créateur et son contenu, tout comme pour permettre au créateur de communiquer intelligemment avec ses adeptes, dans leur langue préférée, en fonction de leur emplacement géographique.

RÉÉDITION NUMÉRIQUE DE «ABOLIR LES PARTIS POLITIQUES»

L’essai de Jacques Lazure maintenant disponible en version numérique, au prix désiré

Aujourd’hui est dévoilée la version numérique du livre Abolir les partis politiques, du sociologue Jacques Lazure. Disponible en téléchargement au prix volontaire sur www.abolirlespartispolitiques.ca, ce livre de 167 pages jette la lumière sur les grandes problématiques que vivent nos institutions démocratiques et propose des solutions qui sont en phase avec les tendances actuelles.

abolir-les-partis-politiquesUne oeuvre intemporelle

Bien que la version originale de ce livre date de 2006, les propos de l’essai sont toujours aussi pertinents aujourd’hui. Si la plupart des exemples répertoriés dans l’ouvrage soulignent les faits saillants de la Commission Gomery tenue dès 2004, on remarque que les mêmes problématiques sont plus que jamais d’actualité dix ans plus tard, notamment avec la Commission Charbonneau. L’ouvrage de Jacques Lazure nous offre une analyse juste et étoffée du monde politique. Les premiers chapitres déboulonnent méthodiquement un système dont la logique nuit au bien commun; dans les derniers instants du livre, un nouvel écosystème politique radicalement transformé est proposé.

Libre accès et paiement volontaire

Afin de permettre un maximum de rayonnement et d’accessibilité à l’ouvrage, l’auteur de 85 ans met aujourd’hui son oeuvre sous licence Creative Commons, offrant ainsi aux lecteurs la possibilité de la COPIER et la PARTAGER à souhait, à des fins non commerciales. Lazure reprend donc les stratégies et outils qui ont contribué à faire connaître Misteur Valaire. De fait, le livre est distribué grâce à Ghoster, la plateforme développée par ce groupe. Celle-ci permet la distribution de toutes formes de contenus numériques au prix volontaire et dans le format souhaité.

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Pour une entrevue avec Jacques Lazure :
abolirlespartispolitiques.ca/contact
450.653.9764

Droits voisins 101

On entends souvent parler des droits voisins (neighbouring rights). Mais qu’est-ce au juste?

En fait, la valeur d’une oeuvre repose sur 3 étapes de production :

  1. Sa composition (l’écriture des paroles et de la musique);
  2. Son interprétation (le caractère avec lequel l’oeuvre est jouée, chantée);
  3. Son son (la qualité de l’enregistrement, la réalisation, le mixage, etc.).

Des sociétés de gestion de droits s’occupent de percevoir les droits liés à l’utilisation de la  «composition» d’une oeuvre et de les reverser à ceux qui l’ont composée.

Notamment, la SOCAN au Canada (ou SACEM en France) s’occupent de percevoir les droits liés à l’exécution publique des oeuvres et de reverser l’argent aux ayant-droits concernés. Par «exécution publique», on entend «jouer ou communiquer en public une oeuvre» : radio; télé; canaux satellites, plateformes web, spectacles, etc.

Il existe aussi des sociétés qui gèrent les droits liés à la reproduction de la composition. La SODRAC et la CMRRA au Canada (la SDRM en France) s’occupent de percevoir les droits liés à la reproduction d’une oeuvre et de reverser l’argent aux auteurs et compositeurs.

Mais, bien évidemment, la valeur d’une oeuvre ne repose pas qu’uniquement sur sa composition. Par exemple, lorsque Luc Plamondon et Richard Cocciante écrivent les paroles et la musique d’une chanson, ça prend souvent Céline Dion pour y donner du caractère. Or, Céline fait partie des interprètes qui, tout comme les musiciens jouant avec elle sur un chanson, donnent un son unique à l’oeuvre écrite et composée.

Enfin, le producteur entre en jeu. C’est lui qui paye pour faire en sorte que l’oeuvre inventée par les auteurs et compositeurs soit immortalisée sur une bande maîtresse (master). Pour y arriver, ça prend un bon studio avec l’équipement adéquat; ça prend un ingénieur son, un réalisateur, un mixeur son et un bon matriçage (mastering). Le producteur donne ainsi le son à l’oeuvre. Aussi, le producteur engage les interprètes nécessaires qui, grâce à leur talent et leur virtuosité, sont essentiels pour donner du caractère à l’oeuvre enregistrée.

Les droits voisins donc, ce sont ceux des producteurs et des artistes-interprètes.

La société au Canada qui perçoit ces droits voisins pour les reverser aux producteurs et artistes-interprètes est Ré:Sonne (nom qui a remplacé celui de la Société canadienne de gestion des droits voisins ou SCGDV). Une fois les revenus perçus par Ré:Sonne auprès des utilisateurs des oeuvres, ceux-ci sont redistribués comme suit :

  • Aux producteurs canadiens par l’entre-mise de la SOPROQ (au Québec) ou de Connect Music (Canada anglais);
  • Aux interprètes chanteurs par l’entre-mise d’Artisti (Québec) ou de la RACS (chanteurs au Canada anglais);
  • Aux interprètes musiciens via l’AFM.

Or, si les auteurs et compositeurs ont droit à des revenus lorsque leur oeuvre est diffusée à la radio, les producteurs et interprètes ont, eux aussi, droit à leur juste part. Voilà ce à quoi s’affaire Ré:Sonne : négocier avec les utilisateurs de musique des droits générant des revenus pour les artistes-interprètes et les producteurs.

Enfin, à l’heure où la musique se consomme de plus en plus en «streaming» (écoute en continu), une société a vu le jour aux États-Unis : SoundExchange. Celle-ci perçoit auprès des plateformes web (Pandora, Deezer, Spotify, Rdio, etc..), des radios satellites et des canaux de musique par câbles des redevances. Puis, elle les reverse aux artistes-interprètes et producteurs comme suit : 50% des revenus vont aux interprètes, tandis que la balance va aux producteurs des enregistrements sonores :

  • Le 50% qui va aux artistes-interprète est versé à Artisti :
    • Par la suite, Artisti reverse 80 % de la somme au chanteur (featuring artist) ou musicien soliste; 20 % est réparti entre les choristes et musiciens accompagnateurs
    • Dans le cas d’un groupe de musique, par exemple, la partie allant aux artistes-interprètes peut aussi se séparer de manière équitable (tous se déclarent «solistes»).
  • L’autre 50% va au producteur de la bande maîtresse qui conserve cette part. Il est possible pour un producteur de percevoir sa part directement auprès de SoundExchange ou de l’obtenir via la SOPROQ.

Pour plus de renseignements, consultez le site de la Commission du droit d’auteur et le site de Ré:Sonne.

AVIS JURIDIQUE : Cet article ne doit en aucun cas être interprété comme un conseil juridique. Consultez un avocat en propriété intellectuelle pour obtenir des confirmations ou infirmations juridiquement valides quant à mes propos.

Contrat Creative CommonsCet article Droit voisin 101 par Guillaume Déziel est mis à disposition de la collectivité selon les termes de la licence Creative Commons BY-NC-SA (Paternité – Pas d’utilisation commerciale – Partage des conditions initiales à l’identique 3.0 Unported). Toute autorisation au-delà du champ de cette licence peut être obtenue au www.guillaumedeziel.com/contact/.

L’arrivée de Spotify au Canada

L'arrivée de Spotify au CanadaJe vous invite à prendre connaissance de l’excellent dossier préparé par Tanya Lapointe et son équipe.

Ce 15 août dernier, cette journaliste au culturel du Téléjournal 18 h de ICI Radio-Canada a fait le tour de la problématique de l’arrivée du streaming (écoute en continu) dans le paysage culturel canadien.

Sont interviewés dans le cadre de ce reportage : Flaurent Daudens (journaliste, réseaux sociaux, ICI Radio-Canada), Geneviève Côté (nouvellement Chef des affaires du Québec à la SOCAN), Pierre Marchand (Fondateur de Musique Plus, ex-patron du Groupe Archambault et de la plateforme Zik.ca) ainsi que moi-même, Guillaume Déziel (éditeur de musique et ex-gérant de Misteur Valaire).

Voici le reportage vidéo ainsi qu’un complément d’information sur le site de Radio-Canada.

 

Lettre à ma nouvelle ministre de la Culture

Bonjour Madame David,

Je vous souhaite d’abord la bienvenue dans le cadre de votre nouvelle fonction de ministre de la Culture et des Communications, et responsable de Protection de la langue française.

Je vous écris aujourd’hui, Mme David, pour vous faire un petit compte-rendu de la situation; un genre de «reality check», comme disent les chinois. Mon but ici est de vous faire part du travail accompli avant votre arrivée, histoire de nous éviter de tourner davantage en rond, culturellement parlant.

Votre nouvelle collègue Christine St-Pierre, à l’époque ministre de la culture, avait lancé en 2010 un grand chantier de réflexion auprès de 739 personnes. Tout ce beau monde, issu de tous les milieux culturels québécois, ont participé à des comités sectoriels, ateliers et forums portant sur les enjeux du numérique auxquels fait face notre culture depuis Napster. À l’issue de ces rencontres, deux rapports on vu le jour en 2011 : celui de la SODEC en octobre et celui du CALQ en novembre. Ces deux documents totalisaient conjointement 57 recommandations ultra-précises pour enligner des politiques culturelles claires, particulièrement en réponse aux chamboulements du numérique et de la mondialisation culturelle.

À l’époque du gouvernement Charest, ces 57 recommandations n’ont donné lieu à aucune mesure concrète, sans doute faute de temps pour agir; les libéraux se sont fait montrer la porte en septembre 2012.

Maka Kotto a ensuite été assermenté ministre de la Culture. Après 18 mois en devoir, il a déposé une stratégie culturelle à deux jours du déclenchement des élections… Bien qu’elle fut un très beau résumé des 57 recommandations en question, cette stratégie culturelle n’offrait en fait que très peu de solutions concrètes, à part des investissements dans des infrastructures (un classique…) et la création d’un (autre !) éventuel chantier sur le droit d’auteur. À croire que la culture n’était finalement pas plus une priorité pour le gouvernement Marois. À preuve, presque personne n’a parlé de culture durant la récente campagne électorale.

Bref, cela fait quelques années que le milieu culturel s’active pour «brainstormer» sur les enjeux du numérique sur notre culture… Et rien de très concret n’est encore en branle depuis.

Sachant que Philippe Couillard a annoncé cette semaine que votre gouvernement sera celui de l’«économie et du redressement», je ne vous suggérerai évidemment pas ici de bonifier les budgets actuels en culture, comme d’autres vous en supplieront sans doute très bientôt. Non, je vous suggérerai plutôt de faire mieux avec le même argent.

Dans mon article «La Stratégie culturelle numérique de Kotto (pour les nuls)» les neuf grandes directions du plan Kotto y sont résumées. J’en profite de plus pour y suggérer des mesures concrètes et peu coûteuses pour agir rapidement, dont certaines sont résumées ici :

  • Pourquoi ne pas exiger la transparence dans les critères de subvention, afin de nous empêcher de tourner en rond, collectivement?
  • Pourquoi ne pas envoyer nos meilleurs penseurs du numérique en haut du mât, pour nous avertir des Icebergs?
  • Pourquoi ne pas limiter à 7 ans l’exploitation privée des produits culturels subventionnés, avant d’en donner libre accès à nos concitoyens?
  • Pourquoi ne pas provoquer la libération de notre contenu culturel d’ici, celui produit avant 2007 grâce à l’aide de l’État? Pourquoi ne pas rendre ce patrimoine numérique accessible aux québécois sur lafabriqueculturelle.tv, une plate-forme fraîchement subventionnée à même nos fonds publics?
  • Pourquoi ne pas inciter les producteurs de contenus et créateurs à publier leurs œuvres à travers une arrière-boutique nationale, afin d’éviter l’amnésie collective?
  • Pourquoi ne pas arrêter de dépenser sur les infrastructures et investir cet argent sur l’infra-consommateur de culture (ces adultes de demain)?

En lisant votre parcours, je remarque que vous venez du milieu de la psychologie et que vous en connaissez déjà beaucoup sur l’éducation. Il devrait donc être facile de vous sensibiliser quant au fait que notre culture est hautement menacée, puisqu’elle ne se reproduit presque plus… La «première priorité» à envisager, à mon avis, est celle de la valorisation de notre culture à même la perception de nos plus petits. Entre deux joutes de ballon chasseur ou de marelle dans la cour de récréation, nos (potentiels) consommateurs culturels de demain sont déjà à un clic de Justin Bieber, Miley Cyrus ou Lady Gaga; tandis qu’ils s’éloignent à la vitesse grand V des La Bolduc, Félix Leclerc, Gilles VigneaultRichard Desjardins, Philippe B, Ariane Moffat, Émile Proulx-Cloutier ou autres Stéphane Lafleur de notre monde.

On n’a malheureusement plus le temps pour réfléchir des mois durant. Tout a été dit. De mille et une façons. De 739 façons, plus précisément. Il est temps de passer à l’action maintenant.

À vous de jouer Madame la Ministre ! 

Guillaume Déziel,
Stratège en marketing culturel 

La Stratégie culturelle numérique de Kotto (pour les nuls)

Le 3 mars dernier, Maka Kotto, ministre sortant de la culture et des communications, dévoilait sa «Stratégie culturelle numérique québécoise» dont les détails peuvent être parcourus en ce document de 20 pages : Pour occuper l’espace numérique – Stratégie culturelle numérique du Québec (Mars 2014).

Comme 739 autres acteurs culturels, j’ai participé depuis 2011 aux longues réflexions et multiples échanges menant à cette stratégie. J’ai donc pris la peine de faire la lecture du document proposé par le ministre Kotto et de vous en résumer ici ses grandes lignes.

Ce document propose 9 objectifs que je résumerai simplement pour vous. Vous trouverez donc plus bas un sommaire de la stratégie proposée par Maka Kotto, accompagné de  mes suggestions complètes formulant des mesures concrètes, faciles à mettre en place et ne nécessitant aucune injection supplémentaire de fonds gouvernementaux.

A.1  Rendre disponible l’offre culturelle existante

En résumé : Convertir sur support numérique la multitude de contenus culturels québécois existants, dans des formats et selon les normes répondant aux impératifs d’interopérabilité. Procéder à la saisie numérique des collections, archives et autres contenus culturels québécois, notamment patrimoniaux.

Suggestion : Garantir une période d’exclusivité d’exploitation de 7 ans aux producteurs, période après laquelle la collectivité devrait avoir plein accès à sa culture, partout, dans tous les formats, dans tous les modèles d’affaires, sans exception. De fait, tous les contenus produits avant 2007 et ayant bénéficié de l’aide financière de l’État devraient être mis par décret gouvernemental sous licence Creative Commons BY-NC-SA et, ainsi, rendus accessibles à tous pour utilisation et partage individuel à des fins non-commerciales.

▸ Lire mes suggestions complètes

A.2  Soutenir la création numérique originale

En résumé : Soutenir la création numérique originale dans toutes les disciplines, sur toutes les plateformes. Décloisonner les disciplines dans le cadre des programmes de subvention. Soutenir et encourager la création d’œuvres numériques inédites destinées aux plateformes numériques Web et mobiles, ainsi qu’aux écrans des espaces publics intérieurs ou extérieurs.

Suggestion : Remanier les subventions actuelles de manière à être plus généreux avec les producteurs et créateurs de contenus les plus permissifs avec la collectivité; en revanche, donner moins aux plus restrictifs.

▸ Lire mes suggestions complètes

A.3  Favoriser les pratiques émergentes et inédites

En résumé : Encourager l’innovation en favorisant des partenariats croisés entre intervenants, les pôles d’expérimentation et les laboratoires de pointe; en stimulant de nouvelles formules d’usages et de services. Enrichir l’expérience culturelle et inciter la participation du citoyen à l’enrichissement des contenus. Se servir du numérique pour valoriser l’art non-numérique.

Suggestion : Ajouter la notion de «transparence» comme attitude exigée auprès de toute personne financée par l’État, tant dans les processus de création que dans les pratiques de mise en marché et de distribution.

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B.1  Intégrer les logiques émergentes de demande et de multiplication des accès

En résumé : Permettre aux citoyens de rencontrer la culture d’ici sous toutes ses formes. Rendre les contenus disponibles partout et en tout temps. Favoriser l’accès aux contenus culturels dans l’environnement mobile et par les médias sociaux. Assurer une présence des contenus culturels sur les vitrines existantes. Soutenir la valorisation des contenus dès leur création ou numérisation.

Suggestion : Investir sur l’infra-consommateur de culture plutôt que sur les infra-structures et le béton. Étendre le programme de Sensibilisation à la chanson et diffusion pour le milieu collégial de la SODEC au primaire et secondaire. Ainsi, nous favoriserions la formation des «consommateurs de demain» de notre culture.

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B.2  Investir l’espace culturel global avec des contenus québécois

En résumé : Faire rayonner notre culture; le numérique permet l’ingéniosité face à la forte concurrence de pays comme les États-Unis ou la France. Soutenir la diffusion en ligne des contenus culturels, notamment au Répertoire du patrimoine culturel du Québec et à la plateforme Web de diffusion culturelle de Télé-Québec. Soutenir la diffusion Web en direct d’événements culturels. Soutenir l’agrégation et la distribution de la production culturelle. Favorise la diffusion à l’aide d’une stratégie globale d’approvisionnement.

Suggestion : Financer les projets culturels en fonction de leur mise à disposition et leur accessibilité. Exiger que les contenus subventionnés soit publiés par le biais d’une «arrière-boutique culturelle» nationale, permettant à la fois d’archiver la culture en temps réel, de la rendre interopérable et de la livrer à des vitrines marchandes.

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B.3  Encourager la collaboration entre les acteurs d’une chaîne plus intégrée

En résumé : Favoriser le dialogue, la reconnaissance des savoir-faire et la concertation. Stimuler des projets collaboratifs plutôt que concurrentiels. Adapter le financement des diverses étapes de la création, de la production, de la diffusion et de la conservation de la culture. Fédérer et intégrer les fonctions culturelles pour créer des initiatives numériques rassembleuses dans différents secteurs d’activité.

Suggestions : Créer de nouveaux programmes d’Aide à la synergie, gérés au cas par cas, ouverts en tout temps. Bonifier de 1% toute subvention accordée à un utilisateur qui s’engage à divulguer publiquement les détails de son plan de commercialisation, puis les résultats obtenus. «1% de plus, au profit des 99% autres»… quel beau slogan dans une campagne électorale ! À terme, l’octroi de toute subvention publique sans que son parachèvement ne soit rendu public, devrait être banni.

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C.1  Adapter les outils publics d’intervention

En résumé : Adapter la réalité légale en fonction de la réalité du numérique. Créer une veille d’analyse stratégique permanente.

Suggestion : Pour éviter les Icebergs en cours de route, il est nécessaire de mettre en place un Comité Consultatif Numérique de la Culture ayant pour mandat d’observer les tendances de consommation de la culture et de porter des recommandations «pro-actives» pour éviter toute crise industrielle.

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C.2  Assurer des conditions d’exercice adaptées pour l’ensemble des milieux

En résumé : Encourager des modèles économiques numériques équitables et financièrement profitables pour tous ceux qui y contribuent. Favoriser le développement des compétences numériques et le rehaussement des infrastructures d’accès au contenu numérique (accès Internet à haute débit). Créer un Chantier sur le droit d’auteur. Forums pour explorer les solutions visant au respect du droit d’auteur en matière de diffusion dans l’univers numérique. Soutenir la mise à niveau des équipements des lieux culturels et leur connectivité (ce qui a déjà été entamé). Appuyer le renouvellement continu de la compétence des milieux culturels.

Suggestion : Éviter de tomber dans le piège facile de l’investissement sur les infrastructures; l’importance réelle, c’est la formation du consommateur de culture de demain. Exiger la transparence auprès de tout prestataire de subventions; explorer les solutions visant à adapter le droit d’auteur actuel à l’univers numérique, plutôt que l’inverse.

Lire mes suggestions complètes

C.3  Favoriser une culture numérique contribuant à l’économie du savoir

En résumé : Données ouvertes. Transparence. Développer une économie du savoir fondée sur la créativité, les habiletés et les connaissances de la population. Offrir des outils de médiation éducative et des espaces virtuels de regroupement d’intérêts et d’expression citoyenne.

Suggestion : Encourager, voire «forcer», la création de plateformes d’échanges et de discussions entre chacun des intervenants qui représentent un «cloché» dans un secteur culturelle. Le milieu de la musique étant hautement complexe, une intervention divine du Ministère de la culture sera assurément nécessaire. De plus, la relecture du rapport Gautrin demeure inspirante pour développer l’économie du savoir.

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