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Misteur Valaire propose l’abonnement mensuel

Montréal, le mardi 14 mai 2013 – Misteur Valaire dévoile aujourd’hui à l’adresse MV.MU sa nouvelle chanson Bellevue Avenue, premier extrait de son prochain album à paraître dans les mois à venir. Simultanément, le groupe donne un coup de barre à sa trajectoire en proposant dorénavant à ses adeptes un modèle par abonnement mensuel, permettant ainsi à ces derniers de soutenir le groupe de manière régulière, en échange de privilèges.

Misteur Valaire propose à ses adeptes de le supporter mensuellement par l’entremise du système transactionnel sécurisé Ghoster. Il sera donc désormais possible pour tout amateur du groupe de débourser 3$, 6$ ou 9$ par mois afin de soutenir l’artiste, l’entendre en primeur, voir son contenu vidéo avant tout le monde, participer à des événements privilégiés physiques ou virtuels, ou prendre part à certaines décisions du groupe.

Pour partir le bal des privilèges, les 600 premières personnes qui soutiendront Misteur Valaire à raison de 9$ par mois auront accès à l’avant-première privée du spectacle, où le prochain album sera intimement dévoilé et interprété par le groupe. Cette soirée d’écoute spéciale aura lieu les 27 et 28 mai prochains à Montréal, dans un lieu qui ne sera divulgué et accessible qu’à ces supporters.

Le modèle de Misteur Valaire accessible à tous

Ghoster.me - Partenaire Fantôme

Ghoster, dont le nom provient de la fusion de Ghost et de Partner (pour Partenaire Fantôme), est un outil permettant à la fois de connecter un artiste à ses fans, d’entretenir une relation avec eux, de valoriser cette relation et d’offrir des contenus spéciaux en primeur, voire en exclusivité. Deux modèles transactionnels sont proposés par l’outil : le traditionnel paiement volontaire et l’abonnement mensuel à l’artiste.

Créé par MR. LABEL, la maison de musique fondée par Misteur Valaire et ses 3 associés, l’outil Ghoster sera bientôt ouvert aux autres labels musicaux, éditeurs de livres et artistes autoproduits d’ici et d’ailleurs. Déjà, Ghoster propose aux amateurs de littérature de télécharger les deux premières publications québécoises offertes sur une base de paiement volontaire : l’essai Bis, ou La politesse du débutant, de Charles-Stéphane Roy, et le livre d’art La vie des choses, de la photographe Sara A. Tremblay (Éditions Séditions). D’autres contenus musicaux et littéraires seront bientôt accessibles grâce à Ghoster.

Misteur Valaire et le crowdfunding

Misteur Valaire a déjà fait appel au financement participatif par le passé. En 2010, il a sollicité son public pour amasser les fonds nécessaires afin de terminer la production de Golden Bombay. Il a aussi adopté, à la même époque, un modèle fondé sur le paiement volontaire (Pay What You Want), échangeant ainsi sa musique contre un montant en argent et/ou le courriel de ses adeptes. Cette façon de faire a depuis permis au groupe de se mettre en contact direct avec plus de 35 000 personnes localisées dans 75 pays différents.

Rencontre de démarrage SXSW 2014

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Vous faîtes partie des centaines de Québécois qui ont participé à SXSW 2013, en mars dernier? Vous avez aimé votre expérience mais aimeriez pouvoir en tirer mieux profit, en mars 2014, lors de votre prochaine escapade à Austin, Texas?

Voilà donc pour vous une chance unique de pouvoir rencontrer les participants 2013, faire un post-mortem de votre récente expérience et établir une base de synergie efficace, afin de mieux profiter de l’édition 2014 de South by South West.

Mercredi 24 avril @ 18h30
dans les bureaux de l’agence TP1 à Montréal.
1410, rue Stanley, bur. 500, Montreal.
Pour y assister, vous devez confirmer votre présence sur l’événement Facebook «Rencontre de démarrage SXSWQC14». Pour voir l’événement, devenez d’abord membre du groupe SXSWQC 2014 sur Facebook.

2 conférences en Mai

Pour ceux et celles intéressé(e)s par les détails de l’Histoire de la mise en marché de Misteur Valaire, je vous invite à assister gratuitement à une de mes conférences à venir au mois de Mai. J’ai encore quelques places gratuites pour assister à une ou l’autre de ces deux conférences :

  • Jeudi 02 mai 2013 – de 18 à 20h, conférence #43 «Donner pour mieux vendre» dans le cadre des 6 @ 8 Ateliers-conférences de l’Agence TP1, Montréal. Gratuit sur réservation. **RÉSERVER votre place.

Premiers arrivés, premiers servis!

Guillaume Déziel

MISTEUR VALAIRE S’EXCUSE… AUPRÈS DES ABONNÉS DEEZER ET RDIO

Les services d’écoute de musique en ligne par abonnement Deezer et Rdio sont maintenant disponibles au Canada, et ce, depuis plusieurs mois déjà (Deezer en avril 2012 et Rdio en 2011). Toutefois, le contenu de Misteur Valaire et de Qualité Motel ne s’y retrouve toujours pas à l’heure actuelle.

L’absence de son contenu sur ces services devient problématique

Devant cette situation problématique, la maison de disque Mr. Label (fondée entre autres par les membres de Misteur Valaire) a adressé en juillet dernier la situation à Select Digital, son distributeur numérique de musique. Malgré plusieurs demandes répétées, le catalogue de chansons de Mr. Label n’est toujours pas disponible au Canada sur Deezer et Rdio, bien qu’il le soit sur Zik.ca, et ce depuis son lancement, en avril 2012. Il est à noter que Zik.ca et Select Digital sont deux services appartenant au Groupe Archambault, une propriété de Quebecor Media.

Selon la gérance de Misteur Valaire : « Le contenu de Mr. Label ne serait pas le seul dans cette situation au Québec ; d’autres labels d’ici seraient concernés par l’absence de leur catalogue sur ces plateformes majeures de musique en format “streaming” ».

L’équipe de Mr. Label tient sincèrement à s’excuser auprès des personnes qui auraient aimé accéder au contenu de Misteur Valaire et de Qualité Motel sur ces plateformes d’écoute. Depuis déjà quelques mois, le label tente sans succès de remédier à la situation.

De la possession à l’accès

De plus en plus, les consommateurs de musique se tournent vers des modèles par abonnement leur permettant d’accéder à de larges catalogues de musique en ligne et ce, à partir de n’importe quelle connexion internet, partout dans le monde. Pour une bonne partie de ces consommateurs, l’enjeu n’est plus d’acheter une pièce de musique en ligne et de la stocker dans son iPod. Le besoin de « posséder » la musique cède maintenant place à celui d’« accéder » à la musique. On compte donc aujourd’hui de plus en plus d’amateurs de musique qui s’abonnent à différents services d’écoute en ligne. Ces services se présentent souvent sous forme de réseaux sociaux. Ainsi, les habitudes d’écoute des uns influencent positivement celles des autres utilisateurs, qui découvrent de nouvelles chansons, au grand bonheur des artistes d’ici et d’ailleurs. Cette nouvelle manière de consommer la musique représente d’immenses possibilités de rayonnement à l’étranger pour nos artistes d’ici.

Briller par son absence (ou presque…)

Si vous recherchez aujourd’hui « Misteur Valaire » sur Zik.ca, vous trouverez leurs albums complets (Golden Bombay, Misteur Valaire Live @ Montréal, Friterday Night et l’EP iTunes Live from Montreal), ainsi que 2 chansons simples : Over My Dead Body (avec Alexandre Désilets), la chanson thème du film de Brigitte Poupart, et Tell Us (Jam Social), un projet spécial pour TELUS. Une requête avec « Qualité Motel » nous mène aussi vers l’écoute du quintet DJ. Tout le contenu produit par Mr. Label est donc accessible aux amateurs de musique sur Zik.ca, par l’entremise de son distributeur Select Digital.

En revanche, lorsque vous recherchez « Misteur Valaire » dans les moteurs de recherche de Deezer ou Rdio, vous tomberez sur seulement 2 items : la chanson TKO, appartenant à la compilation L’univers de Rajotte 2 (CBC Records, distribué par Universal) et Vive le douanier Rousseau, une reprise de la Compagnie Créole par Misteur Valaire, en collaboration avec le chanteur Beni bbq (Ad Litteram Records, distribué par Believe Digital). On n’y retrouve absolument rien d’autre en écoute à l’heure actuelle.

SXSW : Là où l’union fait la force

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crédit : Agence web TP1.ca

Vous comptez aller à South by South West, édition 2013? C’est votre première année et vous avez tout à découvrir? C’est votre 7ième année et vous avez tout à partager; réseau, trucs et astuces?

Voici la porte d’entrée qui vous ouvre tout un monde privé d’isolement :

https://www.facebook.com/groups/117398891771309/

Créé par quelques gens généreux issus du monde de l’interactif, ce groupe se veut aussi le point de rassemblement des gens du Film et de la Musique.

Si vous êtes individuellement condamnés à l’isolement à SXSW parmi les 35,000+ délégués, collectivement, vous profiterez au maximum de votre séjour. Vous rayonnerez et ferez assurément rayonner vos projets.

Bon SXSW. Bon partage, surtout !

Guillaume Déziel

Mon portable à SXSW : 512.909.5953

@PlanetQcSXSW

@guillaumedeziel

Le Remix Manifesto : toujours d’acualité !

RIP: A Remix Manifesto

Permettez-moi de ramener à la surface de notre actualité un excellent documentaire paru en 2008, portant sur les enjeux de la création musicale à l’ère numérique : «RIP: A Remix Manifesto» par le cinéaste Brett Gaylor @remixmanifesto.

La version originale en anglais (sous-titrée en français) est accessible gratuitement à l’adresse :
onf.ca/film/rip_remix_manifesto

Si j’insiste aujourd’hui pour que vous voyez ce film, c’est parce que je me rends bien compte que beaucoup d’artistes et de gens de l’industrie musicale on passé tout droit sur ce chef-d’œuvre indispensable. Et comme les enjeux de droits liés à la musique sont plus que jamais au coeur de nos réflexions en cette époque de chamboulements numériques, je vous incite à regarder ce documentaire et à le commenter au bas de cet article.

Girl Talk, un artiste créatif dont les activités de Mash Up seraient fondées l’échantillonnage illégal de créations existantes, est la trame de fond de ce documentaire jetant toute la lumière sur ce qu’est le Creative Commons. J’invite d’ailleurs les gens de la SPACQ, la SODRAC et la SOCAN à visionner ce film qui, à mon humble avis, est encore et toujours un excellent «Reality Check» sur les enjeux de la création à l’ère numérique, cet ère où le partage et trop souvent confondu au piratage.

Toujours d’actualité? Je pense que oui. À vous de me dire !

Bilan du Forum sur la chanson québécois

[extrait d'un communiqué du Conseil des Arts et des Lettres du Québec]

Forum sur la chanson québécoise

Plus de 200 personnes de tous les horizons du secteur de la chanson ont participé au forum sur l’avenir de la chanson québécoise qui vit actuellement une période de mutation importante, conséquence de la révolution numérique et de la mondialisation des échanges. Au cours de ces deux journées d’échanges constructifs, les participants ont émis plusieurs idées pertinentes à l’issue des cinq ateliers thématiques correspondant aux enjeux qui marquent l’évolution actuelle de la chanson québécoise :

  • La chanson québécoise : francité et diversité
  • La chanson québécoise à l’ère numérique
  • La diffusion de la chanson et sa circulation au Québec et hors Québec
  • La création, la formation et le perfectionnement en chanson
  • Les mécanismes de financement et l’organisation du milieu de la chanson

Parmi les propositions et idées énoncées, on note, entre autres, celles de regrouper tous les acteurs de la chanson, de favoriser une plus grande diffusion de la chanson québécoise sur les plate-formes numériques, de reconnaître la chanson comme discipline à part entière au sein des programmes gouvernementaux, d’améliorer la structure de concertation des intervenants du milieu et de favoriser une plus grande présence de la chanson à l’école.

Afin de poursuivre le processus de réflexion et de concertation, le comité d’orientation, qui avait piloté l’organisation de ce Forum, se réunira de nouveau pour déterminer des suites à donner à cet événement rassembleur.

Organisé par le CALQ, avec la participation du ministère de la Culture et des Communications et de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), le Forum sur la chanson québécoise : la chanson québécoise en mutation a eu lieu les 4 et 5 février au Centre Phi à Montréal. Ce Forum a permis de réunir, pour une des rares fois dans l’histoire récente du Québec, les acteurs clés du domaine de la chanson, qu’ils soient issus du milieu de la création, de la production, de la diffusion, des associations, de l’industrie, des subventionneurs et des médias.

Tous les documents afférents au Forum sur la chanson québécoise demeurent accessibles à partir du site Web du CALQ. Il est également possible de visionner en reprise les séquences webdiffusées (Ouverture, Rapports d’ateliers et Synthèse) sur WEBTV.COOP :

accès à la webdiffusion en reprise

La transparence, pour éviter les mirages

Le 1er juin 2011, lors du Forum du numérique et de la culture organisé par la SODEC, près de 200 acteurs culturels se sont rencontrés pour discuter du virage à prendre en culture, à l’ère numérique. D’ailleurs, pour les intéressés, voici le rapport final issu de cette rencontre : http://www.sodec.gouv.qc.ca/libraries/ocvn/documentnumerique2011.pdf

Lors de ce forum, Jacques K. Primeau était présent. Il était entre autres responsable d’un atelier portant sur la musique et le spectacle de variétés. Monsieur Primeau a lancé une analogie pour illustrer la situation de notre industrie de la musique. De mémoire, il a dit que notre industrie est comme « un troupeau de 40 personnes marchant dans le désert », désorienté, sans trop savoir où aller dans cette nouvelle réalité du numérique. Non seulement cette phrase a frappé mon imaginaire, mais elle l’a stimulé davantage.

AVERTISSEMENT : Si vous êtes dyslexiques et que lire vous fatigue les yeux, vous pourrez toujours visionner mes tergiversations mentales ici.

J’aurais effectivement tendance à dire que nous sommes une industrie errante, avançant dans un désert inconnu, sans trop savoir quelle direction prendre. Pire encore, je dirais que les réserves d’eau menacent de manquer éminemment.

Devant ce drame, plutôt que de risquer de se laisser collectivement mourir lentement, mais sûrement, en marchant tous ensemble dans la même direction, j’aurais tendance à croire qu’il serait bien de sacrifier quelques membres du troupeau pour le bien de notre collectivité.

Pourquoi ne dirions-nous pas à deux de ces 40 membres en perdition d’aller tester une direction précise? Pourquoi ne leur suggérions-nous pas de marcher en file indienne, de sorte que si le premier sombre sous les sables mouvants, le 2e puisse revenir en courant vers le troupeau et expliquer que ce n’était finalement pas la bonne direction à prendre… non? Et si nos 2 protagonistes trouvaient en fin de compte une oasis, alors ils pourraient s’y abreuver, reprendre des forces et revenir en courant vers le troupeau pour leur annoncer la bonne nouvelle, n’est-ce pas?

Transparence

Je vous parle de cette analogie pour suggérer la notion de transparence dans notre industrie musicale; ce qui est nécessairement une des valeurs que le Web impose.

Pour moi, l’idée de revenir en courant et d’informer le troupeau se résume très concrètement à faire des rapports, à rendre des comptes. À l’heure des chamboulements provoqués par l’Internet, il serait évidemment nécessaire de tester de nouveaux modèles, de tenter des directions qui puissent paraître risquées, voire fatales. Après tout, face à la mort, on n’a rien à perdre…

Si les programmes de subvention de la culture permettent parfois d’explorer de nouveaux horizons, à quoi servent-ils réellement si leurs résultats ne sont pas accessibles à l’ensemble de l’industrie?

Je crois profondément qu’à l’heure actuelle, il vaut mieux investir des milliers de dollars dans des programmes exploratoires, que de dépenser des millions en argent public dans des programmes désuets, mal adaptés aux nouvelles réalités du numérique et dont les résultats, souvent non optimisés, sont tenus à l’écart de la collectivité.

Argent public = données publiques

Je parle de transparence ici, puisqu’il s’agit après tout de l’argent des contribuables. Logiquement, tout argent public, qu’il provienne d’une municipalité envers des contracteurs privés, ou du ministère de la Culture envers des producteurs de musique, devrait être accompagné de comptes à rendre; du devoir de documenter.

Si un producteur obtient 50 000$ pour encastrer (embeder) un service de webdiffusion vidéo américain dans un site Web québécois, je veux le savoir. Non seulement en tant que contribuable, mais en tant que membre du troupeau, je veux connaître les détails de la demande de subvention et les résultats concrets qu’elle a engendrés, le cas échéant. Et tant pis si cela ne donne rien… Au moins, on l’aura su; cela nous évitera de faire deux fois la même erreur. L’accès public à ces données devrait donc revenir de droit aux contribuables, par défaut.

Du Crowdsourcing pour le bien collectif

En tant que société, il faut évidemment prendre le virage de la technologie; certes il faut le prendre avec transparence. Parce que le Web est fait de sorte que chacun devient un acteur de communication, il permet aux erreurs du passé d’être les solutions de demain. Heureusement.

En tant que collectivité, il est crucial que nos investissements rapportent – au bas mot – des connaissances pour tous et chacun; pour les générations d’aujourd’hui et de demain. Parce que nous payons tous pour nos programmes de subvention en culture, nous devrions tous pouvoir en retirer… au moins des connaissances. Cette idée me semble bien logique. Le Crowdsourcing est dans l’air, de toute façon.

Si les 2 membres du troupeau en question que l’on a choisi de sacrifier ne nous reviennent jamais, alors nous aurons tous compris que ce n’était pas la bonne direction à prendre. Mais si ces 2 personnes n’ayant rien à perdre nous reviennent en vie, saines et sauves, alors le risque qu’elles auront pris servira dignement notre collectivité, au grand bonheur de tous.

Le Creative Commons incompris par la SPACQ

Dans le cadre du Forum sur la chanson québécoise organisé par le CALQ (les 4 et 5 février dernier), on a eu droit à des propos d’artistes témoignant parfois d’une écoeurantite aiguë envers un système qui semble nettement désavantageux pour eux; parfois d’une forte incompréhension de la structure industrielle à laquelle ils appartiennent. En revanche, plusieurs incompréhensions ont aussi été remarquées chez certains professionnels industriels, quant à la nouvelle réalité du numérique.

Dans un atelier sur La chanson québécoise à l’ère numérique, Pierre-Daniel Rheault, Directeur général de la SPACQ, a résumé vite fait sa pensée quant à l’outil juridique Creative Commons (lire Creative Commons 101), en disant à tort, selon moi : «si vous êtes Creative Commons, vous ne pouvez pas être membre de la SODRAC ou de la SOCAN». On a tôt fait de lui rappeler que le Creative Commons est effectivement incompatible avec la SODRAC (qui s’occupe exclusivement de monnayer le droit de reproduire l’oeuvre derrière une chanson), mais peut être compatible avec la SOCAN (qui s’occupe de monnayer sa diffusion, sa télécommunication publique), tout dépendant du type de la licence choisie.

Voici un exemple vivant : Misteur Valaire, membre en règle de la SOCAN, propose une licence d’utilisation de ses œuvres sous le Creative Commons (de type BY-NC-SA) permettant à la collectivité de partager gratuitement ses œuvres et de les remixer, tout en réservant à Misteur Valaire le droit exclusif d’exploiter commercialement ses œuvres. Ceci dit, l’artiste qui remixe les oeuvres de Misteur Valaire peut le faire par pur plaisir, sans aucune permission à demander. Il peut aussi la partager et la diffuser à des fins non-commerciales. Et si l’envie lui vient de vouloir commercialiser son œuvre dérivée de celle de Misteur Valaire, alors ce remixeur sera contraint de contacter Misteur Valaire et de s’entendre sur un partage de revenus. C’est assez simple comme concept. En plus, ça permette la création d’une culture à venir fondée sur la culture précédente. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

De fait, lors du choix d’une licence Creative Commons, si un auteur et/ou compositeur d’une chanson choisit de permettre son partage (reproduction) et son remixage (adaptation), sans toutefois permettre son exploitation commerciale (monétisation), alors il lui est encore possible de dire à la SOCAN : «Prends svp mon droit de faire du CA$H avec la diffusion de mon œuvre, perçois ses revenus en mon nom et repaye-moi le plus justement possible». On peut donc logiquement céder à la SOCAN ce qui nous appartient encore. Ça ne prend pas un avocat pour comprendre ça…

Du copyright qui permet le partage

Bref, Creative Commons propose du droit d’auteur à la carte; on peut s’en servir pour faire du copyright permettant le partage, tout comme on peut décider de céder son oeuvre à la collectivité et vivre d’amour et d’eau fraîche. Mais entre le noir et le blanc, il y a plein de teintes de gris. L’outil permettant de choisir la teinte qui convient à un créateur s’appelle Creative Commons (voir formulaire de création de licence).

Creative Commons - Droit d'auteur à la carte

Creative Commons : Le droit d’auteur à la carte

Il faut se rappeler que Creative Commons a été inventé pour permettre aux ayants droit de demain de pouvoir créer, en totalité ou en partie, sur une base de culture existante libérée d’un droit d’auteur rigide et contraignant, voire plus avantageux pour le contentieux d’une multinationale que pour la culture de la planète.

L’incompréhension et la désinformation persiste néanmoins

Suite à son propos erroné, le Directeur général de la SPACQ, M. Pierre-Daniel Rheault, a avoué publiquement son manque de nuance devant la cinquantaine de participants à l’atelier. Chose appréciée.

Cependant, on a vu apparaître dès le lendemain ce mémo sur le site de la SPACQ (sans possibilité de commenter… le web 2.0, ça ne vous dit rien?!) qui laisse encore présager que la SOCAN et le Creative Commons seraient incompatibles :

En utilisant une licence CC, le créateur procède à une cession de son droit d’auteur quant à l’usage qui est fait de son œuvre. Les œuvres ne bénéficient plus de la protection conférée par la Loi sur le droit d’auteur en vigueur. À l’inverse, le créateur membre d’une société de gestion collective tel que la SOCAN ou la SODRAC renonce à autoriser l’usage des œuvres qu’il y déclare, et ne peut donc souscrire à une licence CC.

Cela est à mon avis – en partie – faux, puisqu’en utilisant une licence CC, le créateur procède à une cession de certaines parties de son droit d’auteur quant à l’usage qui est fait de son œuvre. Donc, les œuvres ne bénéficient plus de la pleine protection conférée par la Loi sur le droit d’auteur en vigueur. Ça dépend vraiment de la licence CC choisie.

Par exemple : le fait de «laisser aller» son droit de reproduction tout en conservant ses droits patrimoniaux (droit de faire du CA$H) ne veut pas dire qu’on abandonne systématiquement son droit d’exécution publique (droit de diffuser publiquement l’oeuvre).

Autre semi-vérité selon moi :

Les licences CC sont donc destinées à une exploitation gratuite et à grande échelle des œuvres, en permettant facilement à des tiers d’emprunter ces dernières.

Encore là, ça dépend de la licence que le créateur choisit pour son œuvre. La licence BY-NC-SA que Misteur Valaire a choisie permet le partage de ses œuvres gratuitement, mais empêche toutes autres sortes d’exploitation gratuite. C’est à mon avis réducteur de la part de la SPACQ de présenter la chose ainsi. En plus, le fait de laisser la planète se partager une toune n’enlève en rien la possibilité de demander à une agence de pub 25 000 $ pour l’utilisation de la toune à la télé, durant 13 semaines au Québec. Permettre le partage sans permettre l’exploitation commerciale, c’est plus que jamais possible avec Creative Commons.

De plus, cette phrase suivante m’irrite particulièrement, et je vais vous expliquer pourquoi par après :

[...] dans le cas d’une poursuite judiciaire contre le créateur, CC se dégage de toute implication. Il en est de même lorsqu’un mauvais usage est fait de l’œuvre du créateur et que ce dernier désire obtenir réparation. Il est donc certainement dans l’intérêt d’un individu d’adhérer à une société de gestion collective de droits d’auteur afin d’avoir une position avantageuse dans un tel cas.

Comme si la seule manière d’obtenir réparation pour une utilisation non respectueuse d’une licence était de se faire défendre par une société de gestion collective de droit d’auteur…!? Pourtant, envoyer une facture, une mise en demeure ou une demande de règlement à l’amiable est à la portée de tous. En tant qu’éditeur, je suis, la plupart du temps, laissé à moi-même pour collecter un droit de synchro non autorisé. Voici d’ailleurs un cas vécu :

Pour avoir vécu une situation où une chanson de Misteur Valaire (incluant un artiste collaborateur ayant droit membre de la SODRAC) avait été utilisée à des fins commerciales par un gros joueur canadien, sans notre consentement, je peux vous confirmer que l’enjeu #1 de la SODRAC dans ce cas précis était que le fait de poursuivre rapporterait moins que les frais encourus par la poursuite… Alors, lorsqu’une Société de gestion collective met ses intérêts financiers devant le principe de faire respecter le droit d’auteur, on part de loin en titi…

Pour vous dire, tout ça me donne quasiment envie de partir un système d’assurance juridique pour les créateurs dont les œuvres sont sous Creative Commons. Tant qu’à y être, si ça vous intéresse,  manifestez-vous via ce formulaire.

Je ne suis pas contre qu’il y ait des Sociétés de gestion collective de droit d’auteur, mais il m’apparaît évident qu’elles doivent embrasser le Creative Commons et l’inclure dans leur collimateur, plutôt que de le voir en opposition au Droit d’auteur (comme c’est le cas de la SPACQ, visiblement).

Enfin, tant qu’à être en mode « dénonciation », j’en profiterais pour mentionner que lors de ma dernière rencontre en novembre 2011 avec la SODRAC (pour leur expliquer le « modèle » de Misteur Valaire et, conséquemment, pourquoi ils ne sont pas membres de la SODRAC), son Directeur général m’a dit : « Creative Commons, ça, c’est quoi… C’est une société de gestion? » Ma réponse : « Non monsieur le directeur; c’est un OUTIL juridique permettant à un créateur d’informer la collectivité sur ce qu’il est possible ou impossible de faire avec son œuvre. Le © véhiculant l’idée que “rien n’est possible” sans consentement, donc nécessairement accompagné de lourdes procédures de demandes, le CC devient alors une alternative intéressante dans un environnement Web, sauf qu’il permet le partage sans restriction de l’œuvre, à des fins commerciales ou non, ce qui est nécessairement incompatible avec la SODRAC. Voilà pourquoi Misteur Valaire n’est pas membre chez vous ».

Si les Sociétés de gestion collective de droits d’auteur refusent d’évoluer, le monde autour d’eux ne cessera pas de se révolutionner. Ça, c’est un fait indéniable.

AVIS JURIDIQUE : Cet article ne doit en aucun cas être interprété comme un conseil juridique. Consultez un avocat en propriété intellectuelle pour obtenir des confirmations ou infirmations juridiquement valides quant à mes propos.

Contrat Creative CommonsCet article Le Creative Commons incompris par la SPACQ par Guillaume Déziel est mis à disposition de la collectivité selon les termes de la licence Creative Commons BY-NC-SA (Paternité – Pas d’utilisation commerciale – Partage des conditions initiales à l’identique 3.0 Unported). Toute autorisation au-delà du champ de cette licence peut être obtenue au www.guillaumedeziel.com/contact/.

Un complément au Forum de la chanson québécoise

Liens vers 2 documents d’information complémentaire déposés au CALQ dans le cadre du Forum de la chanson québécoise :

Pour plus info sur musiQCnumériQC, visitez le musiQCnumeriQC.ca.

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