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Archive de la Catégorie ‘Industrie de la musique’

La force d’un virus musical…

Voici une animation qui démontre la propagation virale de la musique de Misteur Valaire depuis septembre 2007, moment où le groupe a opté pour la gratuité de la musique comme propulseur qui leur a permis de joindre plus de 60 000 téléchargeurs situés dans plus de 58 pays différents.


Réalisation et montage : Véronique Tessier

Le contrat 0-6-3 (ou le 360º inversé)

english

Ce modèle a été développé conjointement par Guillaume Déziel, Mathieu-Gilles Lanciault et Virginie Berger aux fins de participer à Rethink Music.

Le 0-6-3 Deal (ou le Deal 360º inversé) Tout le monde connaît le contrat 360º; ce contrat apparu il y a quelque années visant à permettre aux maisons de disques d’exploiter toutes les sphères de l’artiste afin de générer plus de revenus. En fait, la vraie raison de l’apparition d’un tel contrat était de pallier aux pertes liées à la chute de 58,4% des ventes de disques depuis l’an 2000. Telle une banque, la compagnie de disque «Major» qui signe un artiste en contrat 360º prend en garantie tous les droits de l’artiste, les exploite, génère des revenus et le partage avec l’artiste (au-delà du remboursement des dépenses de production et de mise en marché).

Et si le contrat 360º était renversé au profit de l’artiste?

Voilà que la technologie permet à l’artiste d’enregistrer son album, de le distribuer partout dans le monde, de le faire valoir, etc… Il reste que l’artiste a besoin d’aide afin de pouvoir faire tout cela, tout en continuant à créer et interpréter son art. Le type d’aide nécessite une ouverture face aux réseaux sociaux, une compréhension du Web, de l’interactivité entre les humains… Une compréhension du droit d’auteur et du commerce. Bonne nouvelle; toutes ces belles ressources se retrouvent partout autour de l’artiste. Colocataires, amis étudiants en droit, en marketing, fans passionnés de premier ordre toujours présents. Même si ces ressources naturelles qui vous entourent ne sont pas toujours expérimentées, il reste qu’elles ont l’avantage – en cette époque industrielle transitoire – de ne pas être «formatées», d’être libre de réinventer à tous les jours les vieilles manières de faire les choses… Et c’est souvent «la passion pour la musique de l’artiste» qui est la première des qualités à avoir pour faire avancer réellement une carrière.

L’image artistique (Band Brand) est une valeur perceptive qui se monnaye. L’utilisation de la gratuité de la musique comme produit d’appel est à ce jour la manière la plus efficace et la moins coûteuse pour d’abord connecter un artiste à ses fans, ensuite entretenir une conversation avec eux et leur donner envie de consommer les produits dérivés de son image, de sa musique (spectacles, accès, privilèges vêtements, accessoires, droits d’exploitation dans une pub, dans un film, etc.)

Si tous les membres d’un équipe entourant un artiste contribuent, au même titre que lui-même, à ajouter de la valeur à son art, tous ont aussi logiquement droit à leur juste part des revenus globaux. Chaque maillon de la chaîne création-production-commercialisation donne de la valeur au «Branding de l’artiste» et devrait d’en tirer profit. Le partage des revenus liés à l’artiste doit donc être équitable, préalablement convenu et clairement identifié dans une charte.

Artistes : voici le contrat 063

Telle une société par actions, le type de structure 360º inversé (ou affectueusement nommé le «zéro-six-trois») permet à d’autres qui croient suffisamment en vous, l’artiste, d’investir sur votre talent. Donnez-leur des parts sur le fruit de l’exploitation de votre «Branding d’artiste» au prorata de leur implication, que ce soit par l’entremise d’un investissement en capital ou en ressources humaines. Conservez votre pouvoir décisionnel sur l’artistique. Conservez vos droits et la propriété de vos bandes maîtresses; mais partagez-en les profits d’exploitation. Entourez-vous de professionnels de soutien; formez un conseil d’administration; conservez cependant toujours un droit de veto sur les décisions d’ordre artistique. Émettez des actions votantes et non votantes, pour mieux baliser le pouvoir décisionnel.

Un succès en attire un autre

Lorsque vous aurez trouvé la voie du succès en tant qu’artiste, vous aurez l’occasion de partager votre notoriété, votre bagage de connaissances et votre argent en investissant sur un artiste en lequel vous croyez. Vous aurez envie à la fois d’encourager l’artiste émergeant qui vous passionne et de l’entourer (sur mesure) des meilleurs professionnels pour le mener à bon port. Après avoir été créateur en début de carrière, vous et votre entreprise deviendrez une banque d’investissement à votre tour.

L’industrie devra s’ajuster

Les subventionneurs qui, d’ordinaires, stimulent économiquement les artistes à créer et les producteurs à produire, pourront aussi mettre des fonds à disposition de divers professionnels qui entourent l’artiste. Ainsi, vous pourriez voir une relationniste de presse ou un tourneur faire une demande de subvention pour se permettre d’investir du temps sur votre carrière et, du même coup, acquérir quelques actions de votre carrière. Plutôt que de financer uniquement l’initiative de création et de production, l’initiative de commercialisation serait aussi encouragée, au grand bonheur de l’artiste et son équipe. Chaque personne pourra donc contribuer à votre carrière en investissant son investissement son temps ou son argent. De cette manière, seules les personnes réellement passionnées par votre carrière tireront profit de votre développement.

Le meilleur du 360º, sans les inconvénients

Voilà un modèle qui porte tous les avantages d’un contrat 360º au profit de l’artiste et des gens qui travaillent conjointement et collectivement à son succès. Inutile de vous dire que le tablettage ne risque pas de vous arriver, dans une telle situation. Dans la mesure où vous travaillez avec une équipe d’exploitation qui vous respecte; dans la mesure où vous respectez vos fans et leurs habitudes de consommation, alors vous trouverez facilement la voie vers le succès et profit.

Le contrat 063 ou 360 inversé

Contrat Creative Commons

L’article Creative Commons 101 par Guillaume Déziel est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons «Paternité – Pas d’utilisation commerciale – Partage des conditions initiales à l’identique 3.0 Unported. Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues au www.guillaumedeziel.com/contact/.


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La petite histoire de Misteur Valaire

On m’a récemment demandé à plusieurs reprises d’aller prononcer des conférences sur l’utilisation de la gratuité dans la mise en marché de la musique. Bien que ravi et flatté par ces invitations, j’ai néanmoins été forcé au cours des derniers mois à structurer ma pensée et à rédiger abondamment sur le sujet.

Comme j’ai le grand privilège de suivre en temps réel les résultats de la mise en marché de Misteur Valaire, j’ai décidé de vous partager cette information qui m’apparaît importante, voire utile à connaître, afin de naviguer au travers des changements que nous impose le monde numérique.

Voici donc un article qui survole la petite histoire de la mise en marché de Misteur Valaire.

Comme toujours, mon unique but en publiant autant de détails (d’ordinaire tenus confidentiels chez mes confrères et consœurs industriels), est de provoquer et d’encourager la conversation; le débat d’idées.

Vos commentaires sont donc non seulement bienvenus, mais attendus.

Au plaisir de vous lire!

Guillaume Déziel

Creative Commons 101

On a souvent entendu parler du Copyright, le droit pour les auteurs et compositeurs représenté par le symbole ©. Il signifie Tous droits réservés. On ne peut donc rien faire avec une œuvre protégée par le Copyright, à moins d’en obtenir la permission directement auprès de l’auteur et/ou du compositeur, auprès de son représentant (l’éditeur) ou des Sociétés de gestion collectives de droits auxquelles les auteurs et compositeurs confient leurs droits.

À l’inverse, il existe le Copyleft qui permet à tout le monde de copier, de diffuser, d’utiliser, de modifier et de distribuer son œuvre dans la mesure où ces possibilités restent préservées. En gros, l’auteur qui adopte le Copyleft indique aux autres créateurs de la planète de faire ce qu’ils veulent avec l’oeuvre (dans les limites de la moralité).

Comme la vie est nuancée, entre le noir et le blanc, il existe une multitude de teintes de gris. Entre ces positions extrêmes que représentent le Copyright et le Copyleft, on découvre plusieurs paramètres avec lesquels on peut jouer.

Afin de combler le besoin criant des créateurs désireux de communiquer aux internautes ce qui est possible (ou non) de faire avec leur oeuvre, «l’avocat le plus cool au monde»  nommé Lawrence Lessig a créé un outil simple : Creative Commons.

À l’image rassurante d’un simple formulaire questions-réponses, Creative Commons offre à n’importe quel créateur de la planète la possibilité de se transformer en avocat et de rédiger sa licence d’utilisation pour son oeuvre. Une fois le formulaire complété, l’outil Creative Commons génère une licence personnalisée en deux versions :

  • Une licence pour les enfants de 4 ans avec de jolis symboles;
  • Une licence détaillée pour monsieur le juge… au cas où.

De plus, l’outil génère un bouton menant vers votre licence que vous devez placer juste à côté de votre oeuvre, sur vote page web. Vous verrez le mien à la fin de cet article. C’est tout simple!

Creative Commons vous permet de créer des licences en choisissant une ou plusieurs conditions basées sur des paramètres comme la copie de votre oeuvre, sa modification (remix), son partage, sa diffusion, sa distribution, son exploitation, son attribution (citer l’auteur orignal). Différentes combinaisons sont possibles.

En terminant, j’ai une petite question pour vous : Est-ce que le fait d’utiliser 250 millisecondes (1/4 de seconde) d’une chanson de Led Zeppelin sur votre album «est une infraction au droit d’auteur ©?». La réponse est OUI… pour le moment, du moins. Qu’à cela ne tienne, Creative Commons offre la possibilité à tout créateur d’une oeuvre originale de permettre aux autres créateurs du monde entier d’échantillonner son oeuvre (sampling). Or, avec la Licence Sampling + de Creative Commons, vous pourriez par exemple permettre que le son de votre caisse claire sur votre plus récente chanson se retrouver sur l’album d’un autre créateur… si vous le désirez, bien sûr.

Voici un tableau qui présente quelques possibilités de licences Creative Commons (cliquez sur l’image pour voir moins flou) :

Voilà pour cette présentation Creative Commons 101!

Contrat Creative Commons
L’article Creative Commons 101 par Guillaume Déziel est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons «Paternité – Pas d’utilisation commerciale – Partage des conditions initiales à l’identique 3.0 Unported. Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues au www.guillaumedeziel.com/contact/.


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Ventes d’albums au Québec en baisse de 6%

Selon l’Observatoire de la culture et des communications du Québec, les ventes d’enregistrements audio (tous supports confondus) ont chuté de 6% en 2010.

Les ventes d’albums physiques ont chuté de près de 12% (9,283 millions à 8,179 millions d’exemplaires), tandis que les ventes de formats numériques auraient augmenté de 40%. Bien que les singles numériques affichent une augmentation spectaculaire de 277% en 2010 (497 000 en 2010 contre 132 000 en 2009), la part de marché du numérique au Québec représente moins de 10% des ventes.

Voici un tableau qui démontre l’évolution des ventes numériques au Québec de 2006 à 2010, ainsi que la régression des ventes physiques. En analysant l’évolution moyenne des 5 dernières années, j’ai extrapolé un scénario prévisionnel jusqu’en 2016 (dans la partie plus pale).

Chute libre en 2010 : l’infatigable attraction de la gratuité

Avion qui tombe

Source : National Geographic

Selon Neilson SoundScan, les ventes totales d’albums au États-Unis ont chuté de 12,7% en 2010. 326,2 millions d’albums, tous formats confondus, ont été vendus en 2010, alors que 2009 affichait des ventes à hauteur de 373,9 millions de copies. L’ensemble des ventes numériques de musique (albums, singles, sonneries, vidéos, etc…) ont chuté de 2,4%.

En revanche, les ventes numériques de musique à la pièce (singles) ont légèrement augmenté (+ 1%) en 2010, soit 1,17 milliard d’unités vendues; la croissance de celles-ci était de +8% en 2009 et de +27% en 2008. Selon Eric Garland (de Big Champagne), ce ralentissement, voire ce quasi-plafonnement des ventes numériques serait attribuable à l’augmentation de l’offre légale et gratuite de musiques en «streaming» (tels que Youtube, Vevo et Pandora).

La possession de la musique céderait-elle place à l’accès à la musique?

Autres faits intéressants en 2010

Les ventes de vinyles ont augmenté de 14% en 2010 (2,8 millions de copies vendues en 2010, contre 2,5 millions en 2009). Toujours en 2010, les labels indépendants états-uniens ont arraché près de 0,5% de la part de marché aux Majors.

Projet de loi C-32 : l’art de décider à la place des créateurs…

En juin dernier, le ministre de l’Industrie, Tony Clement, et le ministre du Patrimoine canadien, James Moore (celui qui ne connaissant pas Guy Laliberté, Félix Leclerc, Atom Egoyan, Jean-René Dufort, Robert Lepage et Céline Galipeau à Tout le monde en parle…), nous pondaient le projet de loi C-32 visant à revoir la loi canadienne sur le droit d’auteur. La loi actuelle permet entre autres aux créateurs d’être rémunérés lorsque leurs œuvres sont reproduites, présentées et communiquées au public.

Et voici en partie le projet de loi C-32, selon mon humble compréhension :

  • Il permettrait aux remixeurs de bricoler de nouvelles œuvres fondées sur des œuvres pré-existantes (Mash-up), tant que ça reste à but non-commercial;
  • Il permettrait à Monsieur-madame tout le monde de copier la musique des créateurs sur leur iPod, iPhone, disques durs et autres supports numériques, ce sans payer les créateurs pour la reproduction de leur musique;
  • Il empêcherait les photographes d’être payé pour la reproduction de leurs photos, si c’est fait dans un but non-commercial ou privé. Par exemple, mon photographe ne toucherait pas de droit sur la reproduction de la photo qu’il a prise de moi, lorsque j’en ferais copie sur mon profile Facebook;
  • Il permettrait à Monsieur-madame tout le monde d’enregistrer son émission télé ou radio préférée et en conserver copie jusqu’au visionnement complété (ce que tout le monde fait, de toute façon);
  • Il permettrait à Monsieur-madame tout le monde de faire une copie de sauvegarde de ses MP3, CD, cassettes, vinyles, 8 pistes, etc… ce dans leurs formats préférés;
  • Il permettrait une utilisation sans frais des œuvres à de fins «éducatives». Par exemple, les profs pourraient envoyer par courriel à leurs élèves une leçon ou un devoir qui inclue une œuvre protégée par le droit d’auteur, comme un MP3, une photo ou quelques paragraphes, voir la totalité d’un livre numérique, ce sans payer de droits au créateur. Les profs pourraient faire des photocopies (numérisations ou scans) qui seraient envoyées par courriel aux étudiants, plutôt que d’être imprimées et remises en main propre (on vient de sauver quelques arbres ici). Un prof de cinéma pourra prendre son vidéoclip préféré sur Youtube et le montrer à ses étudiants sans frais, à moins qu’il soit clairement identifié à côté du vidéoclip qu’il en est interdit;
  • Il permettrait aux bibliothèques de prêter un livre numérique sans rémunérer le créateur, à la condition que le livre contienne un DRM (Digital Right Management ou verrou numérique empêchant la reproduction);
  • Il mettrait Monsieur-madame tout le monde dans le trouble, s’il tentait de contourner une mesure de protection d’une oeuvre (DRM) et exposerait les détracteurs à des amendes allant de 100$ à 5000$ pour des violations non-commerciales (exemple : téléchargement illégal ou transformation d’une chanson dans un format avec DRM en chansons sans DRM);
  • Il déclarerait les fournisseurs d’accès Internet (FAI) officiellement déresponsabilisés du contenu qui circule sur leur réseau. Cependant, les FAI seraient tenus de coopérer afin de permettre à un créateur violé d’aviser un utilisateur violeur du délit commis au sujet d’une œuvre en particulier.

Ça ne fait malheureusement pas le tour… je ne suis pas assez juriste pour vulgariser l’ensemble du projet de loi. Mais vous pouvez lire davantage à ce sujet sur cultureequitable.org, en lisant cet éclairant article intitulé C-32 pour les nuls ou, si vous vous sentez d’attaque, en épluchant le projet de loi C-32 du Gouvernement Harper.

Mon point de vue au sujet de ce projet de loi

C’est bien tout ça… sauf que je crois profondément qu’il revient aux créateurs de disposer de leurs droits - et non au Gouvernement Conservateur de M. Harper -. Il revient aux créateurs (et aux Société de gestion de droits collectifs qui les représentent) de s’adapter aux nouvelles utilisations dans un environnement numérique et de décider quelles sont les circonstances où l’utilisation d’une œuvre doit être rémunérée ou non. Pas au Ministre de l’Industrie canadienne ou celui du Patrimoine canadien.

Ce projet de loi encourage aussi l’utilisation des très impopulaires DRM (impopulaires, tant auprès des artistes que des fans).

Le droit d’auteur actuel est un droit automatique au créateur d’une œuvre. La nouvelle loi sur le droit d’auteur nécessiterait dans certains cas que l’artiste indique clairement aux côtés de son œuvre qu’il est impossible de la reproduire (alors que présentement, c’est l’inverse : il doit indiquer qu’une reproduction est permise). Connaissant les artistes et leur assiduité légendaire, les avocats ne manqueront pas de boulot à faire valoir les droits des artistes qui auront «oublié» de mentionner que la reproduction de leur œuvre est interdite… Et comme si les artistes avaient l’argent pour les payer!

Le droit d’auteur actuel n’est pas parfait… mais il donne pleine possibilité au créateur de disposer comme bon lui semble des revenus et bénéfices liés à l’exécution publique de son œuvre, à sa reproduction, à sa modification et à la dimension morale de sa création. À ce titre, il existe un outil extraordinaire qui permet aux créateurs d’une œuvre d’en disposer comme bon leur semble : Creative Commons.

Bref, à voir la manière que James, Tony et Stephen veulent remixer la loi canadienne sur le droit d’auteur, on dirait qu’ils cherchent à forcer les créateurs à adopter cette licence Creative Commons : http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.5/ca/

Creative Commons

Je ne suis pas contre ce type de licence… au contraire; je l’ai personnellement recommandée aux artistes avec qui je travaille. Par contre, il revient selon moi à l’artiste – au créateur – de choisir les paramètres de disposition de son œuvre; et non au Gouvernement de décider à la place des créateurs.

En terminant, puisque l’Assemblée Nationale du Québec a récemment adopté à l’unanimité une motion contre le projet de loi fédéral C-32 de Tony Clement et James Moore (qui en connaît long sur la culture du Québec…), alors pourquoi ne pas négocier le rapatriement du droit d’auteur sous la gouverne provinciale? Il me semble que ça serait un excellent premier pas vers la sauvegarde de notre culture, non?

Go Johnny Go!

321,25$ pour remplir le Métropolis de Montréal

Le 20 octobre dernier, Misteur Valaire conviait les médias, l’industrie, ses fans et amis à ce qu’on appelle leur «rentrée montréalaise» au Métropolis.

Comme le groupe détient les courriels de 25 000 de ses fans, quelques messages par courriel étalés sur 5 mois leur on permis de rassembler 1812 acheteurs de billets et plus de 400 invités lors de cette soirée inoubliable, comme le rapporte Claude Deschênes au Téléjournal le 21 octobre dernier sur les ondes de Radio-Canada.

Misteur Valaire n’a pas toujours eu la notoriété nécessaire pour échanger sa musique contre le courriel de l’utilisateur. Entre septembre 2007 et mars 2009, le groupe avait choisi de donner sa musique en échange de… rien du tout. Le but était de lever toute forme de barrière psychologique (utiliser sa carte de crédit, entrer ses informations personnelles, etc…) pouvant freiner le déploiement viral de leur musique; les fans venaient et repartaient sans laisser de trace (à part l’adresse IP de leur fournisseur d’accès Internet). Ce n’est que depuis Mars 2009 que le groupe échange sa musique contre un courriel et (au choix) une somme d’argent déterminée par le fan. Les 27 000 premières personnes à télécharger un album de MV n’ont donc pas pu contribuer à la précieuse liste d’envoi du groupe.

Récemment, afin de promouvoir le concert au Métropolis auprès de ses 27 000 fans anonymes, le groupe a dû acheter de la publicité. Durant le mois précédant le concert du 20 octobre dernier, MV a dépensé 321,25$ en publicité sur Facebook afin d’afficher 3 969 487 fois une publicité s’adressant à ses fans manquants sur la liste d’envoi.

Dans le cadre de cette production au Métropolis, ce 321,25$ en dépense publicitaire a représenté moins de 1% des recettes de billetterie. D’ordinaire, les producteurs de spectacles dépensent en moyenne de 10% à 15% de leur budget global en promotion et publicité, afin de fouler le Métropolis de Montréal. Il est à noter aussi qu’un travail en relation de presse phénoménal a été fait, ce qui a contribué grandement au rayonnement médiatique du groupe, dans les jours précédant la rentrée montréalaise.

Questions pour Eric Walther de l’HADOPI

Quelques questions pour Monsieur HADOPI :

Puisque l’HADOPI prétend maintenant forcer les Français à consommer désormais leurs contenus numériques «en-dehors» des endroits où l’on retrouve naturellement toute la diversité culturelle de la planète, n’avez-vous pas l’impression que vous privez une majorité de gens d’un accès à cette diversité culturelle, cela au profit d’une minorité de producteurs, de distributeurs, de détaillants, d’éditeurs (et d’artistes, s’il leur reste de l’argent au bout de la chaîne)?

Du côté des droits qui se confrontent…

Ne trouvez-vous pas aberrant que le droit d’auteur et le droit de propriété sur une bande maîtresse (d’une minorité) puissent prendre le dessus sur le droit à la vie privée (aux communications libres, sans être sous écoute) d’une majorité de Français? Ne trouvez-vous pas que c’est une brèche immense qui met la table à l’avènement du Big Brotherisme, accueillant notre grand frère chéri qui surveillera et décidera à notre place?

Et si les artistes en décidaient autrement?

Croyez-vous qu’en définitive, l’HADOPI stimulera l’envie des artistes indépendants à donner leur musique (de leur plein gré) pour profiter de la force positive du piratage, sans être confinés au fin fond des catalogues des détaillants légaux qui, eux, donnent toujours plus de visibilité aux contenus des Majors et autres grands labels mourants? Si je suis un artiste qui veut que sa musique circule librement via les P2P, comment allez vous distinguer mon fichier des autres? Et si les gens le renommaient malencontreusement?  Comment allez-vous éviter d’envoyer un avertissement ou une amende à mon fan bien aimé, sur une base erronée? Y a-t-il moyen que Misteur Valaire et son catalogue complet soit exclu de cette mesure?

Croyez-vous que l’HADOPI en bout de piste aura plus servi l’infrastructure mise en place pour appliquer l’HADOPI que le droit aux artistes de vivre de leur art?

Enfin, n’avez-vous pas l’impression de vous battre contre le vent, en fin de compte?

Demande variée pour Golden Bombay de Misteur Valaire

Depuis le 18 mai 2010, soit près de 5 mois après son lancement, l’album Golden Bombay de Misteur Valaire indique une demande d’environ 15 000 copies.

Pour aider ma tante (qui a horreur des chiffres) à comprendre de quelle manière la musique de MV est consommée, j’ai pensé vous illustrer ce qui se passe généralement avec 12 albums de MV :

  • 5 albums physiques (CD, Vinyle) sont achetés en magasin ou en concert;
  • 1 album numérique est acheté sur iTunes;
  • 4 albums numériques sont téléchargés sur le site de MV, au prix populaire de 0$;
  • 2 albums numériques font l’objet d’un téléchargement accompagné d’une somme choisie par le fan, généralement 7,07$ (en moyenne).

Voici donc un petit tableau pour les visuels :

Règle générale, les ventes mondiales de disques physiques ont chuté de plus de 50% depuis 10 ans. Depuis, les ventes numériques tardent à rattraper cette perte et elles ne représentent que 20% de compensation. Force est d’admettre que 30% de la consommation de musique se fait ailleurs, dans des endroits insoupçonnés du Web, entre autre.

Chez Misteur Valaire, 4 fans sur 12 préfèrent ne pas payer pour leur musique, soit 33,3% de la demande de MV.  Rien n’est très scientifique ici comme réflexion… Mais on dirait qu’il y a une constante; autour de 30% des gens ne consomment désormais plus la musique en y associant une transaction payante.


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