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CwF + RtB = $$$$

En 2009, Michael Masnik nous arrivait avec la formule CwF + RtB = $$$$, se voulant être le fil conducteur, voire le mantra (!), sur lequel s’est fondée toute la mise en marché de Trent Reznor (Nine Inch Nails).

Tout au long de sa passionnante étude de cas présentée en 15 minutes au Midem 2009, Masnik en arrivait à la conclusion que, dans toutes ses activités, Reznor s’était d’abord soucié de se connecter avec ses Fans pour entretenir une relation et leur donner de bonnes raisons d’acheter. De fait, la formule «Connect with Fans (CwF) + Reason to Buy (RtB) = The Business Model» résume en tout point les différentes opérations de mise en marché de Trent Reznor.

Image by Guillaume Déziel under license Creative commons «BY» - CC BY

Image by Guillaume Déziel under a Creative Commons license «BY» [CC BY]

Je vous invite à voir cette vidéo culte ci-dessous où Mike Masnik démontre avec brio et dynamisme à quel point la formule CwF + RtB = $$$$ est au coeur des nouveaux modèles d’affaires d’aujourd’hui. 5 ans plus tard, cette formule à mon avis tient encore et toujours la route et nous conduit tout droit vers l’avenir.

Bien qu’illégal, le sampling fait vendre

allday_frontcoverLe juriste texan Michael Schuster a récemment publié une étude empirique sur l’effet qu’a l’échantillonnage numérique (ou le sampling) sur les ventes de chansons protégées par le droit d’auteur et la façon dont cet effet devrait influencer l’analyse de l’utilisation équitable (Fair Use).

Schuster a analysé les ventes de plus de 350 chansons faisant l’objet d’échantillonnage par Girl Talk (Gregg Gillis) sur son plus récent album All Day, disponible en téléchargement libre sous la licence Creative Commons BY-NC. Mettant en corrélation l’utilisation d’échantillons sonores par Girl Talk avec les ventes des chansons complètes faisant l’objet des échantillonnages, Schuster (avec un degré de signification statistique de 92,5%) en arrive à la conclusion que les chansons utilisées (illégalement) par Girl Talk sur All Day auraient profité de meilleures ventes dans l’année suivant leur sampling que dans l’année précédente.

L’étude intitulée «Fair Use, Girl Talk, and Digital Sampling: An Empirical Study of Music Sampling’s Effect on the Market for Copyrighted Works» est actuellement en cours de révision afin d’affiner et finaliser la méthodologie et les conclusions. Mais déjà, ses conclusions remettent en cause 2 choses :

  • la pertinence de protéger – à tout prix – l’intégrité d’une œuvre originale;
  • la lutte des Majors contre l’utilisation équitable (Fair Use), l’équivalent du «droit de citer» bien admis en littérature.

Ce que tous savaient intuitivement est maintenant donc en voie d’être démontré scientifiquement. Or, si l’argument des Majors prétextant qu’ils subissent une perte de revenus lorsqu’un musicien utilise un petit bout de leurs bandes maîtresses originales (Master) pour créer une toute nouvelle oeuvre, on peut désormais s’attendre à des batailles juridiques à venir où le musicien pourra plaider que, comme c’est le cas avec Girl Talk, son utilisation artistique d’une partie d’une oeuvre préexistante risque, au final, de mieux faire vendre l’oeuvre originale faisant l’objet d’échantillonnage. On parle d’une promotion implicite de l’oeuvre originale lorsqu’elle est citée dans une oeuvre dérivée.

Pour voir un excellent documentaire sur cet enjeu, je vous invite à visionner RIP: A Remix Manifesto. Bien que datant de 2008, les propos de ce films sont toujours d’actualité.

Conférence à la Maison Notman

Pour ceux et celles intéressé(e)s par les détails de l’Histoire de la mise en marché de Misteur Valaire, je vous invite à assister gratuitement à ma conférence ce soir :

Premiers arrivés, premiers servis!

Guillaume Déziel

Misteur Valaire propose l’abonnement mensuel

Montréal, le mardi 14 mai 2013 – Misteur Valaire dévoile aujourd’hui à l’adresse MV.MU sa nouvelle chanson Bellevue Avenue, premier extrait de son prochain album à paraître dans les mois à venir. Simultanément, le groupe donne un coup de barre à sa trajectoire en proposant dorénavant à ses adeptes un modèle par abonnement mensuel, permettant ainsi à ces derniers de soutenir le groupe de manière régulière, en échange de privilèges.

En plus d’offrir la traditionnelle option du paiement volontaire (Pay What You Want), Misteur Valaire propose à ses adeptes de le supporter mensuellement par l’entremise du système transactionnel sécurisé Ghoster. Il sera donc désormais possible pour tout amateur du groupe de débourser 3$, 6$ ou 9$ par mois afin de soutenir l’artiste, l’entendre en primeur, voir son contenu vidéo avant tout le monde, participer à des événements privilégiés physiques ou virtuels, ou prendre part à certaines décisions du groupe.

Pour partir le bal des privilèges, les 600 premières personnes qui soutiendront Misteur Valaire à raison de 9$ par mois auront accès à l’avant-première privée du spectacle, où le prochain album sera intimement dévoilé et interprété par le groupe. Cette soirée d’écoute spéciale aura lieu les 27 et 28 mai prochains à Montréal, dans un lieu qui ne sera divulgué et accessible qu’à ces supporters.

Le modèle de Misteur Valaire accessible à tous

Ghoster.me - Partenaire Fantôme

Ghoster, dont le nom provient de la fusion de Ghost et de Partner (pour Partenaire Fantôme), est un outil permettant à la fois de connecter un artiste à ses fans, d’entretenir une relation avec eux, de valoriser cette relation et d’offrir des contenus spéciaux en primeur, voire en exclusivité. Deux modèles transactionnels sont proposés par l’outil : le traditionnel paiement volontaire et l’abonnement mensuel à l’artiste.

Créé par MR. LABEL, la maison de musique fondée par Misteur Valaire et ses 3 associés, l’outil Ghoster sera bientôt ouvert aux autres labels musicaux, éditeurs de livres et artistes autoproduits d’ici et d’ailleurs. Déjà, Ghoster propose aux amateurs de littérature de télécharger les deux premières publications québécoises offertes sur une base de paiement volontaire : l’essai Bis, ou La politesse du débutant, de Charles-Stéphane Roy, et le livre d’art La vie des choses, de la photographe Sara A. Tremblay (Éditions Séditions). D’autres contenus musicaux et littéraires seront bientôt accessibles grâce à Ghoster.

Misteur Valaire et le crowdfunding

Misteur Valaire a déjà fait appel au financement participatif par le passé. En 2010, il a sollicité son public pour amasser les fonds nécessaires afin de terminer la production de Golden Bombay. Il a aussi adopté, à la même époque, un modèle fondé sur le paiement volontaire (Pay What You Want), échangeant ainsi sa musique contre un montant en argent et/ou le courriel de ses adeptes. Cette façon de faire a depuis permis au groupe de se mettre en contact direct avec plus de 35 000 personnes localisées dans 75 pays différents.

2 conférences en Mai

Pour ceux et celles intéressé(e)s par les détails de l’Histoire de la mise en marché de Misteur Valaire, je vous invite à assister gratuitement à une de mes conférences à venir au mois de Mai. J’ai encore quelques places gratuites pour assister à une ou l’autre de ces deux conférences :

  • Jeudi 02 mai 2013 – de 18 à 20h, conférence #43 «Donner pour mieux vendre» dans le cadre des 6 @ 8 Ateliers-conférences de l’Agence TP1, Montréal. Gratuit sur réservation. **RÉSERVER votre place.

Premiers arrivés, premiers servis!

Guillaume Déziel

Entrevue avec Sophie Bérubé, Mc Gilles et Guillaume Déziel

L’animatrice Sophie Bérubé reçoit Mc Gilles et Guillaume Déziel en entrevue pour discuter de l’industrie du disque au Québec, sur les ondes de Radio X Montréal.


URL source de l’entrevue.

Les 15 disques typiques de Misteur Valaire

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L’an dernier, nous vous avions illustré la demande pour l’album Golden Bombay de Misteur Valaire, à l’aide de 12 copies typiques.

Cette fois-ci, une donnée s’ajoute : la consommation illicite de l’album sur les systèmes P2P ou Torrent de partage de fichiers, telle que mesurée par Music Metric. Bien que ce type de consommation représente 35% de la demande pour Golden Bombay, il est possible que Music Metric n’ait pas recensé la totalité de ce type de consommation. Ce chiffre est donc considéré comme conservateur.

Voici donc la demande pour l’album Golden Bombay exprimée en 15 copies typiques, plus de 21 mois après sa sortie en Mai 2010  :

On remarque que 60% de la demande ne paye pas (via Torrent, P2P ou sur la plateforme Pay What You Want de Misteur Valaire), alors que 40% de la demande se fait par l’entremise d’une transaction payante en ligne, en magasin ou à la table des produits dérivés (en concert).

Oui, je publie sur le Huffington Post Québec

Grosse controverse. Le Huffington Post débarque au Québec…

Voici donc mon premier article publié dans le HuffPo : L’aberration du droit d’auteur.

Et voici un autre article dans le Bang Bang, où j’explique mon choix cyber-narcissique d’écrire dans le Huff, aussi.

Bonne lecture!

SOPA / PIPA 101

Voici un vidéo qui décrit bien toute la menace que représente le projet de loi américain Protect Intellectual Property Act (PIPA / SOPA). Principalement, ce projet se résume à «Se servir du droit d’auteur d’une minorité pour obtenir droit de contrôler, de censurer la liberté d’expression d’une très grande majorité».

Si les Major Labels et les gros conglomérats de médias plaident la violation au droit d’auteur pour justifier l’interruption de l’accès à un site Internet, ou la coupure de toute source de financement à un site, le gouvernement américain et les lobbys des empires médiatiques (qui exercent pression sur lui) pourront, une fois une telle loi passée, censurer Internet à souhait, comme c’est le cas en Chine.

Pendant que les Majors labels réclament de telles mesures draconiennes pour «sauver» l’exploitation de leur droit d’auteur (ou plutôt, celui des artistes établis qu’ils représentent, en fait), les artistes de la relève flirtent avec la gratuité, le partage et la copie sur des sites comme Bandcamp.

On assiste donc à un conflit générationnel. Le bon vieux Copyright des Major Labels d’un côté; des millions de jeunes artistes sous licence Creative Commons de l’autre.

Historiquement, le passé a toujours tenté de contrôler le futur. Cependant, la nouvelle manière de créer la Culture, à l’ère 2.0, donne tout le contrôle au créateur. Voilà la révolution dans laquelle nous nous trouvons.

La SACEM tend la main à Creative Commons

Le 1er janvier 2012, la SACEM a signé un accord avec Creative Commons s’engageant ainsi à gérer les œuvre sous licence Creative Commons ne permettant pas d’utilisation commerciale. En d’autres termes, il est maintenant possible pour un artiste membre de la SACEM de laisser «monsieur-madame tout le monde» copier, partager et modifier son œuvre à souhait, en autant que cela soit par pur plaisir, sans possibilité d’en tirer un profit commercial.

L’accord constitue un projet pilote d’une durée de 18 mois. Ceci est le 4ième projet pilote du genre, après ceux entre Creative Commons et la BUMA/STEMRA (Pays-Bas), la KODA (Danemark) et la STIM (Suède).

Le symbole connu © (pour Copyright) apposé sur une œuvre indique que tous les droits relatifs à l’œuvre sont réservés exclusivement à son créateur. Sans permission préalable, la copie d’une œuvre ©, son partage à un ami ou son remix constitue une violation aux droits de son auteur. Le droit d’auteur est en quelques sortes un ©adena sur l’œuvre censé la protéger. En France donc, c’est la SACEM (Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de musique) qui gère le droit d’auteur de ses membres.

Or, depuis déjà quelques temps, on observe une tendance lourde chez les créateurs à vouloir «délivrer» leurs créations des restrictions du droit d’auteur; Dans un article que j’ai publié récemment sur le blogue Bang Bang, je révèle que 74% des artistes québécois recensés sur Bandcamp.com flirtent avec la gratuité, tandis que près de 39% proposent leur musique sous une licence Creative Commons.

Creative Commons?

Le Creative Commons n’est pas une société de gestion de droit. C’est un outil gratuit offert aux créateurs, leur permettant d’indiquer facilement et clairement à «monsieur-madame tout le monde» ce qu’ils peuvent faire ou ne pas faire avec l’œuvre en question. J’en parle en détail dans l’article «Creative Commons 101».

Déjà depuis 1986, on retrouve le code source libre (ou Open Source) dans le domaine de l’informatique. Ce mouvement maintenant fort répandu est fondé sur l’idée que la mise en commun du pouvoir créatif de programmation de logiciels permet une avancée technologique plus rapide, sans avoir constamment à réinventer la roue. Bref, en informatique, on reconnaît déjà depuis 25 ans que la création pure n’existe pas; qu’on s’inspire toujours d’autres créations pour créer une nouvelle application; qu’on ne commence jamais rien à partir de rien.

En culture, en peinture, en littérature, en danse ou en musique, c’est aussi le même principe. La création pure n’existe pas. On s’inspire nécessairement des créations précédantes pour créer du neuf. Par exemple, on compose des millions de chansons avec les mêmes 7 notes, les mêmes 12 demis-tons. Normale que ça finisse par se ressembler! Les 43 dernières secondes de la chanson Ni**as In Paris de Jay-Z & Kanye West (sur l’album Watch the Throne, paru en 2011) ressemblent étrangement au début de la chanson SP 4Lovers de Misteur Valaire (sur l’album Friterday Night, paru en 2007). Et alors? Rien…

La culture, c’est comme l’air ambiant. Ça appartient à tout le monde et à personne à la fois. On survit en respirant… parfois les mêmes molécules d’air que nos pairs. Rien ne se perd, rien ne se crée, comme dirait l’autre.

Cette philosophie fondée sur le libre partage, la libre circulation et la libre modification de la création a inspiré Misteur Valaire en 2006; le groupe de musique rendait alors ses œuvres disponibles à tout le monde pour des fins non-commerciales.

À quand un accord Creative Commons – SOCAN?

Bravo à la SACEM! Est-ce à en croire que la SOCAN emboîtera sous peu le pas au Canada? Il le faudrait bien… Puisqu’en étant à la fois membre de la SOCAN et ayant opté en 2006 pour la licence Creative Commons (BY-NC-SA), Misteur Valaire est aujourd’hui «en conflit» à en croire le site de la SOCAN.

Le monde change. Certains s’adaptent, heureusement.

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Contrat Creative CommonsCet article La SACEM tend la main à Creative Commons par Guillaume Déziel est mis à disposition de la collectivité selon les termes de la licence Creative Commons BY-NC-SA (Paternité – Pas d’utilisation commerciale – Partage des conditions initiales à l’identique 3.0 Unported). Toute autorisation au-delà du champ de cette licence peut être obtenue au www.guillaumedeziel.com/contact/.

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