Bilan du Forum sur la chanson québécois

[extrait d’un communiqué du Conseil des Arts et des Lettres du Québec]

Forum sur la chanson québécoise

Plus de 200 personnes de tous les horizons du secteur de la chanson ont participé au forum sur l’avenir de la chanson québécoise qui vit actuellement une période de mutation importante, conséquence de la révolution numérique et de la mondialisation des échanges. Au cours de ces deux journées d’échanges constructifs, les participants ont émis plusieurs idées pertinentes à l’issue des cinq ateliers thématiques correspondant aux enjeux qui marquent l’évolution actuelle de la chanson québécoise :

  • La chanson québécoise : francité et diversité
  • La chanson québécoise à l’ère numérique
  • La diffusion de la chanson et sa circulation au Québec et hors Québec
  • La création, la formation et le perfectionnement en chanson
  • Les mécanismes de financement et l’organisation du milieu de la chanson

Parmi les propositions et idées énoncées, on note, entre autres, celles de regrouper tous les acteurs de la chanson, de favoriser une plus grande diffusion de la chanson québécoise sur les plate-formes numériques, de reconnaître la chanson comme discipline à part entière au sein des programmes gouvernementaux, d’améliorer la structure de concertation des intervenants du milieu et de favoriser une plus grande présence de la chanson à l’école.

Afin de poursuivre le processus de réflexion et de concertation, le comité d’orientation, qui avait piloté l’organisation de ce Forum, se réunira de nouveau pour déterminer des suites à donner à cet événement rassembleur.

Organisé par le CALQ, avec la participation du ministère de la Culture et des Communications et de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), le Forum sur la chanson québécoise : la chanson québécoise en mutation a eu lieu les 4 et 5 février au Centre Phi à Montréal. Ce Forum a permis de réunir, pour une des rares fois dans l’histoire récente du Québec, les acteurs clés du domaine de la chanson, qu’ils soient issus du milieu de la création, de la production, de la diffusion, des associations, de l’industrie, des subventionneurs et des médias.

Tous les documents afférents au Forum sur la chanson québécoise demeurent accessibles à partir du site Web du CALQ. Il est également possible de visionner en reprise les séquences webdiffusées (Ouverture, Rapports d’ateliers et Synthèse) sur WEBTV.COOP :

accès à la webdiffusion en reprise

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Prix du MP3 : le Bal de la perte!

TunePro.com, une plate-forme de vente en ligne au logo très horrible, a choisi de vendre sa musique à perte afin de se mettre sur la map! Sur le site de TunePro, on peut télécharger l’album complet d’artistes reconnus tels que Sarah McLachlan, pour aussi peu que $ 1,71 (USD). La compagnie a choisi de vendre de la musique à perte afin d’attirer un maximum de consommateurs et de les fidéliser. Voilà la motivation des dirigeants de TunePro  : «Nous pensons que cette stratégie attirera plus l’attention sur TunePro, qu’en déboursant des sommes ridiculement élevées en publicité». TunePro a choisi de dépenser son budget de promotion de cette manière. Après écoulement du budget, dans 2 ou 3 mois, les prix seront de retour à la normale.

La solution de TunePro est bien éphémère! À terme, leur plan fonctionne. Évidemment, puisque vous ne seriez pas là à lire mes lignes. Le bouche à oreille est enclenché. Les médias raffolent de ces stratégies loufoques. Ça fonctionne pour eux, évidemment… mais à très court terme! Parions que cette «idée de génie» en amènera d’autres à faire de même, non? On peut déjà s’imaginer qu’au moment où TunePro remontera ses prix vers la normale, une autre plate-forme de vente en ligne adoptera la même stratégie. Cela forcera inévitablement TunePro à réagir. Telle est la manière que l’on emboîte le pas dans le «Bal de la perte».

Voilà pourquoi la musique finira par être gratuite. Parce qu’il n’y a pas plus bas comme prix que 0,00$. Et si 0,00$ est un prix stratégique et temporaire pour une boutique qui cherche l’attention, personne n’est à l’abri du fait que ce prix devienne la norme. Depuis les CD à 23 $ en magasin, iTune a créé la norme du 99 cents la chanson. Tous peuvent créer une nouvelle norme, en autant que le prix soit toujours plus bas.

La  stratégie de TunePro est intéressante pour quelqu’un qui cherche à vendre autre chose que du mp3. Si TunePro avait autre chose à vendre, nul doute que le fait de dévaluer temporairement (ou en permanence) sa musique pour la transformer en produit d’appel (loss leader) aurait un effet sur les ventes de ses produits dérivés. Mais tel n’est pas le cas. TunePro n’a rien d’autre à vendre.

Ce genre de stratégie fonctionne pour les bands et les artistes qui cherchent l’attention des Internautes. S’il en coûte 80 000 $ en dépense promotionnelle pour atteindre le coeur de 40 000 fans, sachez qu’il n’en coûte pour un artiste que 720 $ en bande passante (coût du transfert d’information sur Internet) afin de permettre à 40 000 personnes de prendre gratuitement son album, via Internet. Seulement 720 $ pour récolter 40 000 courriels et ne plus jamais à avoir à dépenser quoique ce soit pour communiquer directement avec eux et leur vendre autre chose. Apple l’avait bien compris : Apple a des Macs, des iPhones et des iPods à vendre; la création du iTune Music Store était nécessaire pour offrir du contenu ordonnés à mettre dans ses dispendieux baladeurs; le mp3 à 0,99 $ n’était planifié que pour hameçonner les consommateurs de musique afin de leur vendre autre chose. Résultat : tant mieux si le iTune Music Store est profitable. Le fruit de cette boutique de vente en ligne ne représente pour Apple qu’un léger surplus dans ses prévisions globales, sans plus.

Je plains TunePro. Ça m’attriste en fait. Parce que je sais qu’ils ne feront jamais d’argent à vendre leur mp3 à 0,00 $ ou à devoir éventuellement compétitionner contre la toute nouvelle boutique de vente de mp3 créée par de jeunes «wizkids» ambitieux. Parce que pour un revendeur, une commission de 15% sur rien du tout, c’est encore rien du tout.