Prix du MP3 : le Bal de la perte!

TunePro.com, une plate-forme de vente en ligne au logo très horrible, a choisi de vendre sa musique à perte afin de se mettre sur la map! Sur le site de TunePro, on peut télécharger l’album complet d’artistes reconnus tels que Sarah McLachlan, pour aussi peu que $ 1,71 (USD). La compagnie a choisi de vendre de la musique à perte afin d’attirer un maximum de consommateurs et de les fidéliser. Voilà la motivation des dirigeants de TunePro  : «Nous pensons que cette stratégie attirera plus l’attention sur TunePro, qu’en déboursant des sommes ridiculement élevées en publicité». TunePro a choisi de dépenser son budget de promotion de cette manière. Après écoulement du budget, dans 2 ou 3 mois, les prix seront de retour à la normale.

La solution de TunePro est bien éphémère! À terme, leur plan fonctionne. Évidemment, puisque vous ne seriez pas là à lire mes lignes. Le bouche à oreille est enclenché. Les médias raffolent de ces stratégies loufoques. Ça fonctionne pour eux, évidemment… mais à très court terme! Parions que cette «idée de génie» en amènera d’autres à faire de même, non? On peut déjà s’imaginer qu’au moment où TunePro remontera ses prix vers la normale, une autre plate-forme de vente en ligne adoptera la même stratégie. Cela forcera inévitablement TunePro à réagir. Telle est la manière que l’on emboîte le pas dans le «Bal de la perte».

Voilà pourquoi la musique finira par être gratuite. Parce qu’il n’y a pas plus bas comme prix que 0,00$. Et si 0,00$ est un prix stratégique et temporaire pour une boutique qui cherche l’attention, personne n’est à l’abri du fait que ce prix devienne la norme. Depuis les CD à 23 $ en magasin, iTune a créé la norme du 99 cents la chanson. Tous peuvent créer une nouvelle norme, en autant que le prix soit toujours plus bas.

La  stratégie de TunePro est intéressante pour quelqu’un qui cherche à vendre autre chose que du mp3. Si TunePro avait autre chose à vendre, nul doute que le fait de dévaluer temporairement (ou en permanence) sa musique pour la transformer en produit d’appel (loss leader) aurait un effet sur les ventes de ses produits dérivés. Mais tel n’est pas le cas. TunePro n’a rien d’autre à vendre.

Ce genre de stratégie fonctionne pour les bands et les artistes qui cherchent l’attention des Internautes. S’il en coûte 80 000 $ en dépense promotionnelle pour atteindre le coeur de 40 000 fans, sachez qu’il n’en coûte pour un artiste que 720 $ en bande passante (coût du transfert d’information sur Internet) afin de permettre à 40 000 personnes de prendre gratuitement son album, via Internet. Seulement 720 $ pour récolter 40 000 courriels et ne plus jamais à avoir à dépenser quoique ce soit pour communiquer directement avec eux et leur vendre autre chose. Apple l’avait bien compris : Apple a des Macs, des iPhones et des iPods à vendre; la création du iTune Music Store était nécessaire pour offrir du contenu ordonnés à mettre dans ses dispendieux baladeurs; le mp3 à 0,99 $ n’était planifié que pour hameçonner les consommateurs de musique afin de leur vendre autre chose. Résultat : tant mieux si le iTune Music Store est profitable. Le fruit de cette boutique de vente en ligne ne représente pour Apple qu’un léger surplus dans ses prévisions globales, sans plus.

Je plains TunePro. Ça m’attriste en fait. Parce que je sais qu’ils ne feront jamais d’argent à vendre leur mp3 à 0,00 $ ou à devoir éventuellement compétitionner contre la toute nouvelle boutique de vente de mp3 créée par de jeunes «wizkids» ambitieux. Parce que pour un revendeur, une commission de 15% sur rien du tout, c’est encore rien du tout.

 

Publicités

Smashing Pumpkins sort son prochain album en mode «Freemium»

Le groupe The Smashing Pumpkins adoptera le mode Freemium (voir définition plus bas) pour lancer son prochain album. L’enregistrement d’un nouvel album comportant 44 chansons a débuté la semaine dernière (14 septembre 2009) au moment où le chanteur du groupe Bill (Billy) Corgan annonçant qu’à partir de l’Halloween, chacune de ces chansons serait donnée gratuitement. Il n’y aura pas d’attrape. «Gratuit voudra dire gratuit, ce qui signifie que vous n’aurez pas besoin de vous inscrire à quoique ce soit, ni de donner votre adresse courriel, ni de faire quelconque effort ou sacrifice que ce soit» selon Corgan.

Musique-souvenir

Les Pumpkins vont aussi lancer leurs chansons 4 par 4, sous forme d’un EP édition limitée. «Puisque les chansons seront individuellement gratuites, le EP sera présenté sous forme d’une œuvre de collection à la grande joie des fans qui savent apprécier l’objet d’art et la grande qualité audio qu’offre le CD.» a écrit Corgan sur son blogue. «Le EP sera présenté sous forme de mini-coffret, plus qu’un simple CD. Il y aura aussi la possibilité d’acheter le contenu sous forme numérique accompagné d’une version inédite (démo) de la chanson, comme valeur ajoutée».

Lorsque l’album sera terminé

En bout de piste, Corgan planifie faire une compilation sous forme de coffret deluxe vouée à être vendu. «Ceux qui auront acheté la série des 11 EP n’ont pas à s’inquiéter, puisque le coffret deluxe ne sera pas strictement une recompilation des chansons sur les EP, mais plus encore», promet Corgan qui admet avoir composé 53 chansons pour ce projet d’envergure.

Freemium est un mot anglophone créé à partir des mots Free et Premium. Freemium désigne le modèle économique visant à donner (ou se laisser voler ou pirater) un service ou un produit de base pour en vendre une version Premium avec des caractéristiques avancées. Ce modèle est depuis longtemps privilégié par plusieurs entreprises technologiques en démarrage visant à gagner un public, tel que WordPress, QuickTime (vs QuickTime Pro), Google Apps (Standard vs Premium). Microsoft a laissé volontairement pirater ses logiciels afin de contaminer la planète et rendre la majorité des utilisateurs d’ordinateurs dépendants de leurs logiciels; des versions pour entreprises nécessitent l’achat d’une licence d’utilisation. Ces licences proposent aussi des caractéristiques supplémentaires par rapport à aux versions de bases, comme la possibilité de centraliser l’information dans une banque de données centrale  (Outlook vs. Outlook Exchange Server).