Tokenisation et monétisation des marques grâce à la blockchain et la cryptomonnaie

Adaptation francophone par Guillaume Déziel, publiée sous licence [CC] BY-NC-SA. Adapté du texte original «Brand tokenization and monetization through cryptocurrencies» par Dr. Kartik Hegadekatti.

Dr. Kartik Hegadekatti est à la tête du projet de formation portant sur la Blockchain, pour le compte du département de la formation du personnel (Department of Personnel and Training – DoPT) au Gouvernement de l’Inde.

Résumé

L’image de marque (ci-après «marque») d’une entreprise est un actif incorporel. Bien que le concept de première offre publique ou Initial Public Offerings (IPO) tentent de saisir la valeur de la marque, la valeur des actions d’une entreprise, elle, est le résultat de plusieurs facteurs tels la performance, la mise de fonds en capitaux, l’identité des investisseurs, etc. De plus, le temps nécessaire afin qu’une entreprise réussisse à être cotée en bourse représente souvent plusieurs mois. Par conséquent, la capitalisation immédiate de la valeur de la marque n’est pas possible. En revanche, les ICOs (Initial Coin Offering ou  «PEC» pour premières émissions d’une cryptomonnaie) offrent quant à elles un large éventail de possibilités inexistantes chez les IPOs. La plus importante possibilité étant la «tokenisation» de la marque et, conséquemment, sa monétisation.

Cet article explore la «tokenisation» et la monétisation de la marque par le principe du ICO. Dans un premier temps, les concepts de «marque» et de «cryptomonnaies» seront expliqués. Ensuite, le concept d’ICO sera abordé. J’envisagerai un scénario où une entreprise «tokenise» sa marque et tente de la monétiser. Nous évaluerons les avantages pouvant découler d’une telle manière de démarrer une entreprise. Ce document conclut sur la manière dont la «tokenisation» de la marque et sa monétisation peuvent être réalisées, grâce aux cryptomonnaies et à leur impact sur de futures entreprises.

INTRODUCTION

Une (image de) marque peut être considérée comme une importante «construction sociale», une entité envers laquelle une société voue une confiance. Le concept de «marque» origine d’un système ancien où les rois et les commerçants «marquaient» de façon permanente leurs animaux, biens ou lieux de résidence. La marque a également été utilisée pour différencier un individu parmi le bétail. De nos jours, une marque est un symbole d’excellence qui définit la confiance du public envers une entreprise ou une entité particulière.

L’identification de la marque ne se limite pas qu’aux entreprises. Elle peut aussi être étendue aux nations, aux gouvernements et aux individus. Par exemple, un médecin pratiquant dans une ville en particulier a sa propre image aux yeux du public, ce qui peut être considérée comme son identité de marque, sa «valeur perceptive», bref sa «notoriété». Un gouvernement (municipal, provincial ou fédéral) peut avoir une image particulière aux yeux des personnes, ce qui peut être considéré comme une marque. La différence entre une identité de marque et une identité d’image est que la première est monétisable, tandis que la dernière ne l’est pas. Par exemple, si quelqu’un est prêt à parier son argent sur vous, vous avez une valeur de marque. Autrement, vous n’avez qu’une identité d’image, une notoriété. Traditionnellement, on peut penser que la valeur d’une marque se monétise au moment de son entrée en bourse. Mais ce n’est pas exactement le cas. En réalité, c’est la «valeur perceptive» de la marque qui attire les investisseurs à acquérir des parts dans l’entreprise. La valeur de la marque est donc limitée à attirer uniquement des investisseurs, et son plein potentiel ne se réalise pas en collectant des fonds pour l’entreprise.

Une cryptomonnaie est un moyen d’échange utilisant des méthodes cryptographiques pour : 1) protéger la falsification des transactions et; 2) gérer la création d’unités supplémentaires de la devise.

Une blockchain est une base de données largement disséminée qui maintient un registre de données en constante expansion, protégé de manière fiable et complète contre toute modification ou falsification. Chaque bloc d’une blockchain a un horodatage et un lien de dépendance avec le bloc précédent.

Un crypto-portefeuille est une application qui permet à un individu de faire des transactions électroniques cryptées par l’envoi d’une cryptomonnaie. Chaque portefeuille a une clé publique visible par tous. Cependant, ce portefeuille ne peut être exploité que par la personne disposant de la clé privée associée à la clé publique du portefeuille.

Les transactions de cryptomonnaies sur un réseau sont généralement anonymes. Quand les gens s’envoient des cryptomonnaies entre eux, quelqu’un doit tenir compte de qui a dépensé combien à quel moment. En cas de monnaie fiduciaire (ou de monnaie papier traditionnel), la tenue des livres est effectuée par les banques (connues sous le nom de tiers de confiance, pour lesquelles elles facturent une commission). Mais dans le cas des cryptomonnaies, les transactions sont enregistrées sur un registre distribué appelé «blockchain» (avec des frais nuls ou minimes). La blockchain prend note et distribue dans un réseau toutes les transactions effectuées pendant une période donnée et les conserve dans un «bloc», ce de façon immuable et infalsifiable.

Certaines personnes dans le réseau appelées «mineurs» vérifient mathématiquement ces transactions et les enregistrent sur la blockchain. Les mineurs qui ont vérifié avec succès les transactions sont récompensés par de la cryptomonnaie fraîchement créée pour cette fin.

C’est ainsi que les mineurs sont récompensés et que de nouvelles cryptomonnaies sont générés. C’est également la raison pour laquelle (à quelques exceptions près) un très faible coût de transaction est prélevé afin de payer les membres du réseau (les mineurs) qui vérifient ces transactions.

Bitcoin est une des cryptomonnaies pair-à-pair dont la valeur n’est adossée à aucune marchandise et, contrairement à la monnaie fiduciaire, elle ne comporte aucune garantie souveraine (garantie par l’État).

En revanche, les cryptomonnaies réglementées et sécurisées (RSBC ou Regulated and Sovereign Backed Cryptocurrency) sont soutenues et garanties par le gouvernement. Elles s’apparentent à la monnaie papier, mais dans une forme numérique. Le RSBC est basé sur le protocole K-Y [1].

Le protocole K-Y est un ensemble de règles et d’instructions permettant de mettre en œuvre le système de cryptomonnaie réglementé et sécurisé (Regulated and Sovereign Backed Cryptocurrency ou RSBC). Dans ce système, les cryptomonnaies (connues sous le nom de «NationCoins») sont adossées à la «garantie souveraine» que procure l’État. Ils sont exécutés sur une chaîne de blocs contrôlée (Controlled Blockchain ou CBC) [2] et hautement sécurisée, dans laquelle les devises cryptées garanties par la souveraineté de l’État seront transigées sans aucun problème. Les «NationCoins» sont entièrement gérés par l’autorité souveraine, à savoir le gouvernement.

Sous réserve (entre autres) du respect de l’avis 46-307 de l’Autorité des marchés financiers, le ICO peut être un moyen de financement participatif où un certain nombre de tokens (jetons ou parties de jetons) sont vendus sous la forme de cryptomonnaies. L’argent ainsi collecté peut être utilisé pour l’expansion de l’entreprise, l’introduction de nouvelles devises, le paiement de dettes, les assurances, etc. Le terme Token Sale (vente par token) faisant référence à la vente de parts dans une économie, donnant aux investisseurs l’accès aux caractéristiques et bénéfices d’un projet spécifique, à une date ultérieure. Les ICOs peuvent également constituer une vente de droit de propriété et/ou des retours sur investissement puisés à même les bénéfices d’un projet.

L’un des potentiels les moins explorés mais les plus intéressants des ICOs sont les possibilités de création d’une marque et de générer de la valeur tangible en convertissant cet actif incorporel. Cette valeur tangible supplémentaire ainsi générée peut être utilisée au profit de l’entreprise et de ses parties prenantes, ce de différentes façons.

Nous allons maintenant analyser en détail les différentes possibilités que les ICOs ouvrent dans le domaine de la marque et de la monétisation des marques.

La «Marque» en tant qu’actif

Un actif est une ressource économique. Est un «actif» ce qui est tangible ou intangible, qui peut être possédé, monétisé et contrôlé pour produire de la valeur. Un actif représente la valeur d’une propriété (physique ou intellectuelle) qui peut être convertie en espèces [3].

Une marque peut être classée comme un actif incorporel. Si une marque peut être concédée à un tiers à des fins de monétisation, sans toutefois céder de l’équité à ce tiers, le ICO représente un moyen efficace pour y parvenir. La «tokenisation» de la marque par l’entremise d’un ICO est une façon de permettre à des tiers de participer à la valorisation de la marque, de prendre part aux revenus générés par cette marque, sans toutefois leur céder de l’équité.

Imaginons une entreprise appelée «société X». À ce jour, la société X a un grand nombre d’actionnaires. Le public a une bonne perception de l’image de la société X, en raison de la qualité de ses produits et services. La direction de la société X propose de lancer sa propre blockchain, d’émettre des tokens (tokens) et d’offrir au public (sous forme de ICO) l’opportunité d’acheter une part (sans équité) de sa marque X. En raison de sa renommée et de sa valeur perceptive, les gens achètent des tokens émis par la société X (appelons ces pièces / tokens «Xcoins»). Grâce à la vente de Xcoins, la société génère quelques millions de dollars de liquidités supplémentaires. Un certain pourcentage des tokens appartient toujours à la société X et ne les a pas encore commercialisés.

Nous allons maintenant discuter des différents scénarios où le potentiel de marque d’une compagnie encore non évalué, peut être monétisé.

À qui appartiennent les fonds générés par la société X ?

On pourrait prétendre que de tels fonds générés par un ICO appartiendraient aux actionnaires. En même temps, ces actionnaires ne constituent pas la seule raison pour laquelle une société atteindrait un niveau particulier d’image de marque. Étant donné que la société a été créée à partir de l’argent de ses actionnaires et que la marque de la société a été aussi construite par ses employés, on peut prétendre que les fonds générés par un ICO appartiennent à toutes les parties prenantes (stakeholders) de la société X (i.e. les actionnaires et les employés combinés). Par conséquent, il serait prudent de mettre de côté une certaine partie de Xcoins, en vue de récompenser éventuellement les parties prenantes en fonction de leur rendement. Une partie des Xcoins peut également être confiée à la direction, afin qu’elle puisse l’utiliser en cas de besoin pour le bien de l’entreprise. Les sommes récoltées en contrepartie des Xcoins vendus peuvent également être sous le contrôle de la direction; car, au final, la valeur de la marque est tributaire des décisions des gestionnaires.

1) Risques de couverture pour l’entreprise

Disons que la société X a la responsabilité du transport naval d’une marchandise produite par une autre société – la société A. Mais en raison d’un accident, le navire de la société X sombre en pleine mer. Puisque le transport de la marchandise de la société A est sous la responsabilité de la société X, cette dernière, pour conserver sa bonne réputation, doit supporter les pertes de la société A. Dans un tel scénario, la société X peut utiliser et bénéficier des liquidités générées par son ICO. De plus, son Xcoin pourrait aussi avoir pris de la valeur sur les sites d’échanges de cryptomonnaie. En utilisant donc cet argent, la société X peut honorer sa responsabilité de transporteur et compenser la compagnie A pour les pertes subies. En outre, ses tokens peuvent être utilisés pour couvrir la franchise d’assurance à payer, servir de mise en garantie, ce qui l’aidera à faire face aux risques, ce uniquement sur la base de la valeur de sa marque.

2) Fonds pour l’expansion

La société X peut utiliser les fonds générés par l’ICO pour développer ses activités commerciales, ses produits, ses services et leur mise en marché. Cela permettra à l’entreprise d’éviter de lever des fonds supplémentaires en cédant de l’équité.

3) Token ou jeton de marque comme indicateur de confiance

Étant donné que la tokénisation de marque n’entraîne aucun coût supplémentaire ou abandon d’équité, il serait possible que de tels tokens de marque (tels que Xcoin) fassent l’objet d’utilisation abusive. On pourrait penser qu’une tokenisation excessive pourrait conduire à une monétisation inutile (et inexistante) de la valeur de la marque. Mais lorsqu’on pousse l’analyse plus loin, on constate que cela ne fonctionne pas tout à fait comme ça.

Supposons que 100 millions de Xcoins sont en circulation sur le marché. Et que chaque Xcoin coûte 1 $. La Société X retient 50 millions de Xcoins. Tel qu’expliqué au point 1 ci-dessus, supposons que la société X doive payer à la société A un dédommagement de 10 millions de dollars. La société X verse 10 millions de Xcoins à la société A et devient libre de toute dette.

La Société A fait alors face à deux options :

    1. HOLD – Elle peut conserver les Xcoins et espérer qu’ils s’apprécient ou s’échangent.
    2. TRADE – Elle peut immédiatement changer ses Xcoins en dollars, au prix du jour, sur un site d’échanges.

S’il choisit de le faire l’option A, cela indique que la société A a toujours confiance en la valeur de marque de la société X. En revanche, si elle choisit l’option B, les événements suivants se produiront :

  • En raison du « dumping » soudain de 10 millions de Xcoins sur le marché, l’offre de Xcoins augmentera, ce qui entraînera une chute soudaine du prix des Xcoins. Si nous prenons une valeur proportionnelle, le déversement de 10 millions de tokens sur un marché qui compte déjà 100 millions de tokens entraînera une augmentation de l’offre de 10% et conduira proportionnellement (sans tenir compte d’autres facteurs) à une baisse de 10%;
  • Ainsi, un indicateur significatif sera envoyée au marché, celui que la société X a dû faire face à une certaine responsabilité et que ses performances ou ses décisions de gestion peuvent s’enligner vers la mauvaise direction. Ainsi, le cours des Xcoins sur le marché devient un indicateur clé de la confiance que le public éprouve à l’égard de la valeur de la marque de la société X. Cela peut conduire à un effet domino où le prix du Xcoin sera en chute libre;
  • Pour freiner cette «chute» de confiance, la société X doit alors racheter des tokens, ce qui entraîne pour elle un certain coût.

Or, plutôt de provoquer l’abus d’émission de nouveaux tokens, le principe de tokenisation d’une marque a pour effet de rendre l’entreprise plus responsable face aux forces du marché. Si la société X avait accepté de satisfaire ses obligations envers la société A en monnaie fiduciaire, par le biais de la médiation des banques, les marchés n’auraient jamais su (jusqu’à la prochaine publication des État des résultats, du moins), que le passif de la société X a en effet augmenté. Ainsi, le concept de «tokenisation de la marque» permet de prendre le pouls en temps réel de la confiance du public envers une marque et entraîne conséquemment une plus grande transparence dans le monde corporatif.

4) Cycles d’affaires plus rapides

Outre de nombreuses utilisations pratiques des Xcoins en tant que token fondé sur une blockchain (comme la gestion de la chaîne de l’offre, l’administration sans papier ou la gouvernance d’entreprise, etc.), elle permet aussi  de rationaliser les flux monétaires d’une entreprise, ce qui conduirait à un cycle d’affaire plus rapide.

Les procédures lourdes et fastidieuses impliquant des banques (assurance et garantie de prêt) peuvent dès lors être contournées. La société peut même fournir directement à ses clients des services internes d’assurance-garantie, raccourcissant ainsi le temps de négociation, de traitement et diminuant la gestion relative aux flux de trésorerie.

5) Protéger les actionnaires contre les risques

Étant donné qu’une grande partie de la valeur de la marque est dissociée du fonctionnement réel de la société, les marchés boursiers deviennent alors d’importants indicateurs de performance. Ainsi, les problématiques entourant la marque auront un impact touchant le prix des Xcoins sur les sites d’échange; elles auraient cependant un impact moindre sur la valeur des actions. Ainsi, les actionnaires sont en quelque sorte protégés contre les risques impactant l’image de marque.

6) Les acteurs fidèles et les investisseurs

Puisqu’aucune action (équité) n’est octroyée, les investisseurs achèterons les tokens uniquement sur la base de l’image de marque. Ainsi, ceux qui adhèrent à l’ICO d’une entreprise peuvent être considérés comme de purs loyalistes qui n’ont aucune attente autre que l’augmentation de la valeur de leur tokens; ce qui dépend dans tous les cas des forces du marché.

7) Valeur intrinsèque résiduelle conservée

Disons que, pour une raison quelconque, la société X fait faillite et ferme ses portes. Le coût de ses actions s’effondrera et c’est dernières seront retirées du marché boursier. Mais le destin des Xcoins serait très différent. Même si la société X ferme ses portes, les Xcoins peuvent toujours servir de cryptomonnaies et de moyen d’échange. Il y aurait certes une chute temporaire de la valeur des Xcoins. Mais ces derniers auraient toujours une valeur supérieure à zéro, puisque le fait que la société X se soit retirée de la bourse ne signifie pas que les Xcoins seraient décotés des sites d’échange de cryptomonnaies. Les traders pourraient encore vendre des Xcoins, ne serait-ce qu’en fondant leur valeur sur l’intégrité de la Blockchain supportant ces Xcoins. De ce point de vue, on peut prétendre que la tokenisation des marques par le biais d’ICOs offre plus de protection aux actionnaires contre un risque futur, que ce qu’offre les IPOs.

8) Pour les gouvernements

Les gouvernements peuvent collecter des fonds directement auprès du public, les utiliser pour financer des programmes sociaux ou tout simplement absorber des liquidités du système. Imaginons un token de gouvernement nommé Gcoin. Ce Gcoin peut faire partie du réseau NationCoin ou RSBC (Mainnet) ou peuvent constituer un token résidant sur une blockchain qui lui est propre (sidechain). Le gouvernement peut émettre différents Gcoins pour différents projets. Comme mécanisme de contrôle, les Gcoins peuvent aussi être libérés à certains intervalles pour absorber la liquidité du marché. Comme il s’agit d’un RSBC (Sovereign Backed Token), il aura la confiance du peuple. Dans un tel mode monétaire, un gouvernement n’a pas besoin de compter sur sa Banque centrale ou d’autres banques commerciales pour éponger les liquidités, contrôler l’inflation, accorder des prêts aux gouvernements, etc.

9) Les tokens de marque en tant que personnification et quantification de la confiance

Les tokens de marque personnifient la confiance que les gens ont dans une entité. L’entité peut être un individu, une société ou un gouvernement. Jadis, les IPOs ont été utilisées comme moyen de mesure brute pour quantifier la valeur perceptive d’une entreprise. Maintenant, la valeur de marque pure peut être mesurée en utilisant la tokenisation de marque. Et puisqu’on est dans ce contexte en présence des «forces du marché», nous pourrons évaluer en temps réel la valeur de la marque. La valeur de la marque peut désormais être quantifiée de manière transparente et instantanée.

Ainsi, plus que jamais auparavant, les entreprises auront désormais un fort incitatif à suivre les meilleures pratiques et à prendre soin de leur image de marque.

10) Facilité d’inscription

À l’heure actuelle, il faut plusieurs mois pour qu’une entreprise soit cotée en bourse. Les exigences réglementaires sont souvent très strictes. Seules les entreprises fortunées et influentes peuvent être listées dans IPOs. À l’opposé du spectre, les ICOs démocratisent et accélèrent l’accès au principe de l’IPO. De plus, les formalités et modalités administratives sont bien moindres. Dans un tel scénario, même les petites entreprises peuvent mobiliser des capitaux pour financer leurs projets, à condition que leur projet soit convaincant pour les investisseurs.

EN CONCLUSION

Nous avons vu que les ICOs offrent aux entreprises une large possibilité de tokeniser et de monétiser leur valeur perceptive, leur marque, sans toutefois avoir à se départir d’équité. Elle permettent aux forces en présence dans un marché d’observer et de contrôler plus étroitement le fonctionnement des entreprises, ce qui rend plus équitables les règles du jeu pour tous les concurrents, petits et grands. On a pu également observer que la monétisation de la marque est désormais rendue possible grâce aux ICOs et qu’elle constitue un domaine d’exploration prometteur pour le monde de la Fintech, nous conduisant vers un nouveau paradigme de financement et d’expansion des entreprises.

REFERENCES

[1] Hegadekatti, Kartik and S G, Yatish, The K-Y Protocol: The First Protocol for the Regulation of Crypto Currencies (E.g.-Bitcoin) (February 13, 2016). Available at SSRN: https://ssrn.com/abstract=2735267

[2] Hegadekatti, Kartik and S G, Yatish, Roadmap for a Controlled Block Chain Architecture (August 13, 2016). Available at SSRN: https://ssrn.com/abstract=2822667

[3] O’Sullivan, Arthur; Sheffrin, Steven M. (2003). Economics: Principles in Action. Upper Saddle River, New Jersey: Pearson Prentice Hall. p. 272. ISBN 0-13-063085-3.

Loi sur la diffusion au Canada : l’ultime réflexion (de trop)?

Professor Thinking Cartoon
CC BY-SA VideoPlasty

En 1999, le CRTC, une commission vouée à réglementer la «diffusion» de notre culture, avait statué qu’elle n’avait pas à intervenir sur Internet. Le résultat de cette décision sans vision, ni sens de la futurologie, c’est que les Apple, Amazon, Facebook, Netflix et Spotify de ce monde n’ont pas eu à se plier à des normes, des conditions et des restrictions visant à freiner leur conquistadorisme culturel et économique.

C’est ainsi que « l’économie des contenus » culturels a cédé lentement, mais sûrement, sa place à « l’économie de l’attention ». Une attention monétisée, entre autre grâce à la donnée sur l’utilisateur. Et depuis, la donnée vaut plus que le contenu.

Grâce au CRTC, des «quotas» existent dans le domaine de la radiodiffusion afin d’empêcher les Majors Labels américains d’envahir nos ondes radiophoniques. Le même principe existe pour la télé; sans ces quotas de contenus canadien imposés à nos diffuseurs, on n’aurait que des soaps américains doublés ou des films d’Hollywood aux fins prévisibles. Bref, ces quotas nous assurent que les canadiens «se consomment» un tant soit peu entre eux, culturellement parlant du moins. Une genre de mesure anthropophage. 😉

Les testicules de notre culture

En 2014, alors que nous étions tous sous l’emprise de l’Étoile noire de Dark Harper, j’avais publié dans le HuffPost cette métaphore bien colorée ;

Le droit d’auteur et la télécommunication donc, tous deux de juridiction fédérale, sont les «testicules de notre culture québécoise». C’est par eux qu’on peut permettre à notre culture de se reproduire, de se perpétuer. Or, sans la possibilité d’exercer son droit d’auteur pour monnayer son oeuvre, sans la possibilité de pouvoir prélever une part des revenus des télécoms qui transportent notre culture, cette dernière est condamnée au bénévolat, voire à sa disparition, à mesure des coupures sur ses subventions.

Source : Seul PKP peut sauver la culture québécoise

Cinq ans plus tard, j’en arrive au même constat. Dans le monde numérique, le Québec n’y peut strictement rien quant à l’avenir de sa propre culture. On se donne l’impression d’agir. Mais, fondamentalement, on ne joue pas sur le vrai nerf de la guerre. De fait, tout passe par ces deux lois qui sont de juridiction fédérale. C’est dans la cour d’Ottawa. Et le fait que cela ait été pensé de cette façon n’est certainement pas innocent, j’imagine. De quoi donner pour certains l’envie de devenir maîtres chez eux, possiblement.

Volonté politique

Or, la récente volonté politique du gouvernement Trudeau à réaménager la Loi sur la radiodiffusion et la Loi sur le Droit d’auteur nous offre une lueur au bout du tunnel; une chance de sortir enfin de ce bourbier culturel. Mais cette volonté s’est aussi présentée avec une procédurite aiguë bien chronophage. Par pur stratégisme politique, peut-être.

Mais avouons-le bien franchement. On peut se permettre de douter que Trudeau va s’attaquer à ce dossier de plein fouet, avant les élections.  Clientélisme politique oblige.

Ceci dit, Trudeau aurait très bien pu d’entrée de mandat majoritaire procéder par décret pour imposer au CRTC l’application des quotas dans l’environnement numérique; Trudeau aurait bien aussi pu, dès son arrivée au pouvoir, amender l’article 31.1 de la Loi C-11, adoptée en juin 2012) qui porte littéralement les Fournisseurs d’accès Internet au rang des Intouchables, dans le processus de monétisation de la culture. Mais, cyniquement, on peut s’imaginer que cela n’est pas bon pour les commerçants…

Bref, un rendez-vous manqué avec notre avenir culturel, cette culture qui a bien plus d’incidence sur nos vies canadiennes que la légalisation de la marijuana…

L’ultime réflexion

Je prendrai part ce Jeudi 24 janvier au CEMAD, cette Conférence extraordinaire sur l’avenir de la diffusion, de la distribution, de la création et de la production francophones à l’ère numérique.

J’aurai l’occasion de participer au panel de 10 h 45 intitulé «Qu’attendez-vous d’une nouvelle Loi sur la diffusion?» animé par nul autre que Michel Désautels, où figureront Michelle Allen (l’auteure de «Fugeuse»); Jean-Robert Bisaillon (homme de métadonnées au Lattice); Solange Drouin (ADISQ); Joanne Forgues (Productions Casablanca) et moi-même, Guillaume Déziel (Stratège en culture numérique).

Et, fidèle à moi-même, je compte bien y apporter quelques pistes de solutions disruptives à un problème politique qui, au final, est bien loin d’être numérique… Pour indice je vous dirais que, si on ne peut se fier aux gens politiques pour s’occuper de notre Culture, on peu certainement changer nos modèles d’affaires et de mise à disposition. Et sur ça, précisément, on a du pouvoir. Du vrai pouvoir.

Le droit d’auteur dans 10, 20, 30 ans?

loi-droit-dauteur-10-20-30-ans_version-finaleCe jeudi 24 janvier prochain de 17h à  19h, la Chaire L.R. Wilson en droit du commerce électronique organise une conférence / panel portant sur les enjeux du droit d’auteur à l’ère numérique, particulièrement sur les aspects désuets du droit d’auteur dans notre nouvel écosystème connecté.

Au plaisir de vous y croiser ! 🙂

 

Droits d’auteur, Blockchain et Smart Contract

centralized-decentralized-distributedTu es musicien, musicienne? Auteur-compositeur-interprète? Auto-producteur? Beat Maker? Réalisateur? T’as ton propre studio? Bingo ! Cette conférence est drète pour toi.

Parce qu’elle parle de l’avenir du droit d’auteur et de la gestion des droits, avec les nouvelles possibilités technologiques que la blockchain et les Smarts Contracts nous offrent. Au plaisir de s’y voir !

À Montréal, le mercredi 23 janvier 2019 de 17 h 30 à 19 h 30

Détails et billets disponibles sur Evenbrite.

Et si Xavier Dolan avait été tokénisé?

En novembre 2017, l’artiste slovaque Gramatik a réussi l’exploit de recueillir 2,4 millions de dollars américains en 24 heures. Comment a-t-il réussi ce tour de socio-financement? En tokenisant ses droits d’auteur et en vendant une portion à ses fans. Aussi simple que ça. Alors, que serait-il arrivé si Xavier Dolan avait fait la même chose à l’époque pour financer son deuxième long métrage intitulé Les amours imaginaires?

Découvrez la suite de cet article sur FMC Veille.

 

La tokenisation de la propriété intellectuelle

Vous avez aimé les articles Blockchain: reproduire la rareté dans l’environnement numérique? et Blockchain: et si Xavier Dolan avait été tokénisé? publiés sur FMC Veille?

Ça tombe vraiment bien, puisque le 23 janvier 2019 aura lieu une conférence 5 à 7 portant précisément sur le sujet de la tokenisation de la propriété intellectuelle, en prenant le secteur de la musique comme principal exemple.

Découvrez tous les détails de cet événement sur Evenbrite :
https://www.eventbrite.ca/e/blockchain-tokenisation-de-la-propriete-intellectuelle-secteur-musique-tickets-53067055993

Blockchain : promesses et applications

Screenshot 2018-11-09 at 12.45.28Printemps numérique présente #intersections VOL.9

Le mercredi 27 novembre prochain, à compter de 17 h, Printemps numérique présente la 9e conférence de sa série #intersections. Pour l’occasion, le sujet de la blockchain et son application sera couvert de long en large.

Seront d’ailleurs soulevées les questions suivantes :

  • Qu’est ce que le développement de la blockchain implique pour les entreprises ?
  • Quelles sont les véritables opportunités ?
  • Quel est son niveau de maturité et son réel pouvoir disruptif ?
  • Quelles seraient les applications potentielles de la blockchain ?

Débutant avec 2 conférences en vue de mettre la table sur les conversation :

Suivi ensuite un panel animé par Catherine Mathys,  composé d’expert(e)s visant à débattre sur les questions mentionnées :

Horaire en détail :

  • 17h00 – 18h00 : Cocktail et bouchées, réseautage, zone expérience – Maison Shaughnessy, CCA.
  • 18h00 – 18h30 : Conférence d’ouverture – Théâtre Paul Desmarais, CCA.
  • 18h30 – 19h30 : Panel de discussion – Théâtre Paul Desmarais, CCA.
  • 19h30 – 21h00 : Poursuite du cocktail et bouchées, réseautage, zone expérience – Maison Shaughnessy, CCA

Pour réserver votre place :

https://www.eventbrite.ca/e/billets-intersections-vol9-blockchain-des-promesses-aux-applications-50043747195

Événement Facebook :

https://www.facebook.com/events/236513410370678/