Les Prix Boomerang : l’ADISQ du marketing

Ce jeudi 29 novembre aura lieu la soirée des Prix Boomerang, un gala visant à récompenser l’ingéniosité québécoise en matière de communication et de marketing. C’est là, entre autres, que les meilleures campagnes publicitaires seront récompensées cette année. Organisée par Infopresse, cette soirée de remise de prix se déroulera à la TOHU devant toute une industrie qui maîtrise l’art d’attirer l’attention des Québécois. Dernièrement, l’industrie de la musique a aussi tenu sa propre soirée de récompenses : le Gala de l’ADISQ.

Ayant eu le privilège de siéger sur le jury des Prix Boomerang l’an dernier, j’ai pu voir à quel point l’industrie du «Mark-Com» au Québec est un terrain délaissé par le milieu québécois de la musique; aucune campagne de mes pairs en musique n’y a été présentée l’an dernier… à part peut-être Montréal Festimania, un conglomérat de festivals unis pour mieux promouvoir leurs activités. Pourtant, l’industrie de la musique fait constamment preuve d’imagination pour réinventer ses stratégies de mise en marché de la musique, ce produit qui trouve aujourd’hui moins de 40% des acheteurs qu’on recensait mondialement en 1998, avant l’arrivée des peer-to-peer, des Torrents et autres trous noirs de la consommation numérique sur le Web. Les campagnes marketing ingénieuses de mes collègues en musique (poussées sans doute par l’énergie du désespoir…) ne se retrouvent pratiquement jamais en lice aux Boomerang; elles n’y sont même pas soumises, en fait.

Chacun dans son espace…

J’en conclus que le monde du marketing et des communications ET celui de la musique ne se rencontrent pas; ils ne «synergisent» à peu près pas. L’un fait ses «Rencontres de l’ADISQ»; l’autre fait ses «Journées Infopresse». Chacun dans son espace. Pourtant, ces deux univers complémentaires font tous deux du marketing, à leurs propres manières. L’un devrait s’inspirer davantage de l’autre (je ne vous dis pas lequel…). L’un a besoin de l’autre et vice-versa. On le voit bien : Coca-Cola a besoin de Karwa; TELUS de Coeur de Pirate, de Damien Robitaille, de Radio Radio, de DJ Champion; Zellers ou l’Ordre des ingénieurs du Québec de Malajube; Wixx.ca ou Radio-Canada de Misteur Valaire et j’en passe…

Depuis que l’industrie de la musique vend de moins en moins de disques, elle doit fatalement compenser cette perte de revenus pour survivre. Spectacles, produits dérivés, utilisation de l’image et de la musique, etc… Bref, le fait de coller la musique à des images (de marque) devient désormais de plus en plus une obligation pour l’industrie de la musique, tandis que les artistes sont de moins en moins frileux à voir leurs œuvres musicales accompagner une marque. On le comprend mieux maintenant: jadis, l’artiste vendait sa musique comme une marchandise; maintenant, l’artiste loue aux vendeurs de produits et services le droit de «squatter» son image dans une publicité, dans un film, dans un événement, etc… En d’autres termes, l’artiste devient un potentiel de diffusion; 30 000 adeptes sur Facebook représentent une niche précise de gens pour une marque en quête d’un attention particulière.

Le fait de permettre à une image de marque (brand) de s’associer à l’image d’un artiste (band brand) équivaut à lui ouvrir une fenêtre sur un réseau, un monde d’interactions émotionnelles complexes, un mini-tissu social raccordé entre lui-même et n’ayant que pour seul maillon commun… l’artiste.

En espérant que cette année mes pairs de la musique réaliseront que leurs activités promotionnelles uniques méritent d’être industriellement reconnues, autant que celles de leurs homologues des communications et du marketing. En souhaitant voir leurs campagnes en nomination, tout comme celle de MR. LABEL (l’entreprise pour laquelle je bosse), une opération nommée «Coin-Coin», visant à valoriser son catalogue de musiques SYNC.MU auprès des créatifs, dans les boîtes de pub québécoises.

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About Guillaume Déziel

Acteur dans l'industrie québécoise de la musique et fervent défenseur de la musique gratuite comme moteur économique d'une nouvelle industrie mondiale.

2 responses to “Les Prix Boomerang : l’ADISQ du marketing”

  1. Nyx says :

    Géniale! Je t’y accompagne?

  2. Michele Pinard says :

    Je viens tout juste de lire ton article. Comme toujours, ta plume donne bien l’odeur du parfum d’une actualité, réalité importante dans le milieu culturel de la chanson et de la musique au Québec. Je suis surprise de lire qu’il y a si peu de site web actif en chanson et musique avec la somme de talents que nous avons ici. Il ya un developpement à créer sur ce type de commercialisation du marché.
    Ça sonne des cloches!
    J’aime ça!
    Bravo pour votre site

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