Bien qu’illégal, le sampling fait vendre

allday_frontcoverLe juriste texan Michael Schuster a récemment publié une étude empirique sur l’effet qu’a l’échantillonnage numérique (ou le sampling) sur les ventes de chansons protégées par le droit d’auteur et la façon dont cet effet devrait influencer l’analyse de l’utilisation équitable (Fair Use).

Schuster a analysé les ventes de plus de 350 chansons faisant l’objet d’échantillonnage par Girl Talk (Gregg Gillis) sur son plus récent album All Day, disponible en téléchargement libre sous la licence Creative Commons BY-NC. Mettant en corrélation l’utilisation d’échantillons sonores par Girl Talk avec les ventes des chansons complètes faisant l’objet des échantillonnages, Schuster (avec un degré de signification statistique de 92,5%) en arrive à la conclusion que les chansons utilisées (illégalement) par Girl Talk sur All Day auraient profité de meilleures ventes dans l’année suivant leur sampling que dans l’année précédente.

L’étude intitulée «Fair Use, Girl Talk, and Digital Sampling: An Empirical Study of Music Sampling’s Effect on the Market for Copyrighted Works» est actuellement en cours de révision afin d’affiner et finaliser la méthodologie et les conclusions. Mais déjà, ses conclusions remettent en cause 2 choses :

  • la pertinence de protéger – à tout prix – l’intégrité d’une œuvre originale;
  • la lutte des Majors contre l’utilisation équitable (Fair Use), l’équivalent du «droit de citer» bien admis en littérature.

Ce que tous savaient intuitivement est maintenant donc en voie d’être démontré scientifiquement. Or, si l’argument des Majors prétextant qu’ils subissent une perte de revenus lorsqu’un musicien utilise un petit bout de leurs bandes maîtresses originales (Master) pour créer une toute nouvelle oeuvre, on peut désormais s’attendre à des batailles juridiques à venir où le musicien pourra plaider que, comme c’est le cas avec Girl Talk, son utilisation artistique d’une partie d’une oeuvre préexistante risque, au final, de mieux faire vendre l’oeuvre originale faisant l’objet d’échantillonnage. On parle d’une promotion implicite de l’oeuvre originale lorsqu’elle est citée dans une oeuvre dérivée.

Pour voir un excellent documentaire sur cet enjeu, je vous invite à visionner RIP: A Remix Manifesto. Bien que datant de 2008, les propos de ce films sont toujours d’actualité.

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About Guillaume Déziel

Acteur dans l'industrie québécoise de la musique et fervent défenseur de la musique gratuite comme moteur économique d'une nouvelle industrie mondiale.

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